{"id":58,"date":"2026-04-03T13:01:40","date_gmt":"2026-04-03T13:01:40","guid":{"rendered":"https:\/\/lespagespapopent.fr\/?page_id=58"},"modified":"2026-08-07T14:20:08","modified_gmt":"2026-08-07T14:20:08","slug":"les-pages-papotent","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/lespagespapopent.fr\/?page_id=58","title":{"rendered":"Les pages papotent"},"content":{"rendered":"\n<div class=\"wp-block-query is-layout-flow wp-block-query-is-layout-flow\"><ul class=\"wp-block-post-template is-layout-flow wp-block-post-template-is-layout-flow\"><li class=\"wp-block-post post-307 post type-post status-publish format-standard has-post-thumbnail hentry category-les-pages-papotent\">\n<h2 class=\"wp-block-post-title\"><a href=\"https:\/\/lespagespapopent.fr\/?p=307\" target=\"_self\" >Sophie Coste \u2014 Ch\u00e9rie<\/a><\/h2>\n\n<figure class=\"alignwide wp-block-post-featured-image\"><a href=\"https:\/\/lespagespapopent.fr\/?p=307\" target=\"_self\" ><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"941\" height=\"1672\" src=\"https:\/\/lespagespapopent.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/09\/D9DA3D79-10B7-43BA-8D6C-22287CFEA43D.jpg\" class=\"attachment-post-thumbnail size-post-thumbnail wp-post-image\" alt=\"Sophie Coste \u2014 Ch\u00e9rie\" style=\"object-fit:cover;\" srcset=\"https:\/\/lespagespapopent.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/09\/D9DA3D79-10B7-43BA-8D6C-22287CFEA43D.jpg 941w, https:\/\/lespagespapopent.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/09\/D9DA3D79-10B7-43BA-8D6C-22287CFEA43D-169x300.jpg 169w, https:\/\/lespagespapopent.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/09\/D9DA3D79-10B7-43BA-8D6C-22287CFEA43D-768x1364.jpg 768w, https:\/\/lespagespapopent.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/09\/D9DA3D79-10B7-43BA-8D6C-22287CFEA43D-576x1024.jpg 576w, https:\/\/lespagespapopent.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/09\/D9DA3D79-10B7-43BA-8D6C-22287CFEA43D-864x1536.jpg 864w\" sizes=\"auto, (max-width: 941px) 100vw, 941px\" \/><\/a><\/figure>\n\n<div class=\"entry-content wp-block-post-content is-layout-flow wp-block-post-content-is-layout-flow\">\n<p class=\"reading-tag wp-block-paragraph\">Lectrice : Juliette<\/p>\n\n\n\n<p class=\"reading-tag wp-block-paragraph\">Avis : Cour de coeur<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cinq femmes, un seul homme. Claire, Maud, Sophie, Esther et Nour ont toutes aim\u00e9 le m\u00eame \u2014 entre Gen\u00e8ve, Paris et Londres, elles glissent en silence dans une relation toxique, jusqu&rsquo;au jour o\u00f9 la v\u00e9rit\u00e9 \u00e9clate et o\u00f9 leurs chemins se croisent. Pr\u00e9sent\u00e9 comme un roman,\u00a0<em>Ch\u00e9rie<\/em>\u00a0emprunte les codes du polar, un suspense qui tient, une v\u00e9rit\u00e9 qui n&rsquo;\u00e9clate qu&rsquo;\u00e0 la fin, l&rsquo;envie irr\u00e9pressible de savoir qui a fait quoi \u00e0 qui \u2014 le JDD parle d&rsquo;un \u00ab\u00a0polar sentimental\u00a0\u00bb o\u00f9 \u00ab\u00a0les coups de c\u0153ur remplacent les coups de feu\u00a0\u00bb. Sauf qu&rsquo;ici, il n&rsquo;y a pas d&rsquo;enqu\u00eate \u00e0 mener ni de coupable \u00e0 d\u00e9masquer : on sait depuis la premi\u00e8re page qui est le bourreau. Le vrai suspense, c&rsquo;est de comprendre comment elles n&rsquo;ont pas pu le voir venir \u2014 et c&rsquo;est bien \u00e7a qui rend le livre vertigineux, puisque\u00a0<em>Ch\u00e9rie<\/em>\u00a0est en r\u00e9alit\u00e9 largement autobiographique : Sophie Coste y transpose les cinq ann\u00e9es qu&rsquo;elle dit avoir v\u00e9cues sous l&#8217;emprise d&rsquo;un pervers narcissique. Le texte est suivi d&rsquo;une postface de la psychoth\u00e9rapeute Anne-Clotilde Ziegler, qui remet le r\u00e9cit en perspective clinique.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je le dis tout de suite : j&rsquo;ai a-do-r\u00e9 !!<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il y a d&rsquo;abord Sophie Coste elle-m\u00eame, journaliste et chroniqueuse, que je suis depuis des ann\u00e9es sur la toile. Daronne de trois gar\u00e7ons, terriblement actuelle, belle, cultiv\u00e9e, dr\u00f4le, \u00e0 la fois rock&rsquo;n&rsquo;roll et \u00e9l\u00e9gante \u2014 inspirante, tout simplement. Alors apprendre qu&rsquo;elle a pass\u00e9 cinq ans dans les filets d&rsquo;un pervers narcissique laisse sans voix : si elle, cette femme solaire, a pu s&rsquo;y faire prendre, on comprend qu&rsquo;aucune d&rsquo;entre nous n&rsquo;est \u00e0 l&rsquo;abri de ce genre de pr\u00e9dateur \u2014 m\u00eame les plus majestueuses, les lionnes, les panth\u00e8res, celles qu&rsquo;on croirait increvables. Le loup ne s&rsquo;attaque pas qu&rsquo;aux plus faibles du troupeau ; il chasse aussi les grands fauves, uniquement quand ils sont bless\u00e9s ou affaiblit\u2026<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>#polyphonie<\/strong>&nbsp;\u2014 C&rsquo;est sans doute ce qui m&rsquo;a le plus impressionn\u00e9e : Sophie Coste ne raconte pas une histoire d&#8217;emprise, elle en raconte cinq, avec cinq voix, cinq vocabulaires, cinq fa\u00e7ons d&rsquo;habiter la langue. La prouesse litt\u00e9raire est r\u00e9elle.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il y a Esther, fille \u00e0 son papa, milliardaire am\u00e9ricaine, boulimique, hypermn\u00e9sique \u2014 et pourtant incapable de choisir entre un poisson et une viande au restaurant, entre une robe bleue et une robe rose en boutique, entre les Maldives ou Gstaad pour les vacances. S\u00e9par\u00e9e du p\u00e8re de son enfant, expatri\u00e9e \u00e0 Londres, elle n&rsquo;est qu&rsquo;une toute petite chose perdue, qui n&rsquo;a pas confiance en elle. Alors quand cet homme pose son regard sur elle, incr\u00e9dule, elle se laisse simplement traverser par une intensit\u00e9 qui ne lui ressemble pas. Ses chapitres s&rsquo;ouvrent en anglais, comme cette loi du talion r\u00e9sum\u00e9e en trois mots \u2014\u00a0<em>\u00ab Tit for tat \u00bb<\/em>, \u0153il pour \u0153il, dent pour dent \u2014 qui ne parlent jamais que d&rsquo;elle et de Lui, l&rsquo;autre.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il y a Claire, m\u00e9ga working girl, wonder woman de la finance genevoise, pour qui sa vie \u2014 comme le monde entier \u2014 ob\u00e9it aux probabilit\u00e9s et aux statistiques. Jusqu&rsquo;au jour o\u00f9 son p\u00e8re se suicide. Quelque chose se fissure alors en elle, elle vacille, et c&rsquo;est pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e0 cet instant qu&rsquo;il entre en sc\u00e8ne. Pour la femme cart\u00e9sienne qu&rsquo;elle est, \u00e7a ne pouvait \u00eatre que Lui. Personne d\u2019autre. Ses chapitres s&rsquo;ouvrent sur des statistiques, gla\u00e7antes de s\u00e9rieux \u2014\u00a0<strong><em><mark style=\"background-color:rgba(0, 0, 0, 0)\" class=\"has-inline-color has-vivid-red-color\">\u00ab Perspectives de la population dans le monde : la population mondiale devrait compter 5 milliards de connards en 2050\u00a0\u00bb Rapport de l\u2019ONU, 2019<\/mark><\/em><\/strong> \u2014 comme si m\u00eame les chiffres, son seul refuge, avaient fini par se mettre \u00e0 parler de Lui, l&rsquo;autre.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il y a Maud, galeriste genevoise, mari\u00e9e \u00e0 un homme richissime qu&rsquo;elle ne d\u00e9sire plus. Elle s&rsquo;ennuie dans sa vie parfaite. Alors quand il pousse la porte de sa galerie, elle y lit un signe : celui qu&rsquo;il est temps de s&rsquo;amuser un peu. Tous ses chapitres s&rsquo;ouvrent sur une \u0153uvre comme\u00a0\u00ab <em>La Mari\u00e9e <\/em>\u00bb, sculpture de Niki de Saint Phalle datant de 1963 \u2014 \u00e9cho \u00e0 peine voil\u00e9 d&rsquo;elle-m\u00eame qui se marie avec Lui, l&rsquo;autre\u2026<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il y a Nour, jeune banlieusarde abandonn\u00e9e par son p\u00e8re, qui va de casting en casting \u00e0 la poursuite de son r\u00eave : devenir une grande chanteuse. \u00c9duqu\u00e9e dans un clan matriarcale f\u00e9ministe, bombe hyper sexy, \u00e0 la langue crue et sans filtre, elle m\u00e8ne les hommes \u00e0 la baguette et raconte le monde \u00e0 sa fa\u00e7on. Quand il pose les yeux sur elle, elle ne voit qu&rsquo;une chose : encore un qu&rsquo;elle va bien niquer. Ses chapitres s&rsquo;ouvrent sur des punchlines sans d\u00e9tour\u00a0<em>\u00ab Mon vieux, t&rsquo;es un connard avec un grand C, fallait pas commencer \u00bb<\/em>, sign\u00e9 Lio. Le seul langage qui lui ressemble vraiment.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Et il y a Sophie, la plus proche de l&rsquo;autrice, journaliste \u00e0 Paris, m\u00e8re de trois gosses, fra\u00eechement s\u00e9par\u00e9e. Un timing parfait. Ses chapitres s&rsquo;ouvrent sur un mot et sa d\u00e9finition\u00a0<em><strong><mark style=\"background-color:rgba(0, 0, 0, 0)\" class=\"has-inline-color has-vivid-red-color\">\u00ab Manipuler : verbe transitif, amener quelqu&rsquo;un insidieusement \u00e0 tel ou tel comportement, le man\u0153uvrer \u00bb<\/mark><\/strong><\/em>\u00a0\u2014 qui en dit plus long sur elle et sur lui que sur la langue fran\u00e7aise.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cinq femmes, cinq origines sociales et culturelles diff\u00e9rentes \u2014 et une \u00e9criture qui \u00e9pouse \u00e0 chaque fois leur timbre propre, sans jamais tomber dans la caricature. La preuve tient jusque dans le d\u00e9tail de la construction. C&rsquo;est une vraie ma\u00eetrise, litt\u00e9raire autant que documentaire.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>#sororit\u00e9<\/strong>\u00a0\u2014 Je n&rsquo;ai pas \u00e9t\u00e9 une victime de ce type d&rsquo;hommes. Et pourtant le livre cr\u00e9e un sentiment de sororit\u00e9 immense, pour toutes ces femmes qui l&rsquo;ont \u00e9t\u00e9 et pour toutes celles qui se reconna\u00eetront en le lisant. Plusieurs lectrices en parlent comme d&rsquo;un miroir ; je le crois volontiers, m\u00eame \u00e0 distance de mon propre v\u00e9cu. Et on referme le bouquin en voulant tendre la main \u00e0 toutes celles qui y sont encore.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>#sansfard<\/strong>&nbsp;\u2014 J&rsquo;ai parfois \u00e9t\u00e9 choqu\u00e9e par la crudit\u00e9, la vulgarit\u00e9, le langage tr\u00e8s cash de l&rsquo;\u00e9criture \u2014 je ne m&rsquo;y attendais pas. Mais \u00e7a ne retire rien au texte, au contraire, je crois que \u00e7a lui donne encore plus de force et de v\u00e9rit\u00e9. Ce que j&rsquo;aime surtout, c&rsquo;est que Sophie Coste montre cet homme tel qu&rsquo;il est \u2014 toxique, d\u00e9gueulasse \u2014 sans pour autant faire de ces femmes des saintes. Elles ne sont pas parfaites. Elles sont telles qu&rsquo;elles sont. Et c&rsquo;est pr\u00e9cis\u00e9ment ce refus du manich\u00e9isme que la critique a salu\u00e9 ailleurs : pas de grand m\u00e9chant loup face \u00e0 des brebis immacul\u00e9es, juste des trajectoires humaines ab\u00eem\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>#vampiris\u00e9s<\/strong>\u00a0\u2014 Sophie Coste ne se contente pas de raconter les doubles injonctions qu&rsquo;elle a subies : elle les met en sc\u00e8ne jusque dans la structure m\u00eame du livre. Le premier chapitre plante un d\u00e9cor pr\u00e9cis \u2014 2026, les Alpes suisses. Suivent des chapitres non dat\u00e9s, mais chacun ancr\u00e9 dans une g\u00e9ographie propre \u00e0 chaque femme : Esther et Nour \u00e0 Londres, Maud et Claire \u00e0 Gen\u00e8ve, Sophie \u00e0 Paris. \u00c0 partir du septi\u00e8me chapitre commence un jeu de va-et-vient temporel savamment ma\u00eetris\u00e9 : Claire \u00e0 Gen\u00e8ve en 2009, puis Maud en 2011, puis Sophie \u00e0 Paris en 2018, puis Esther \u00e0 Londres en 2019, puis Nour \u00e0 Paris en 2021 \u2014 avant de revenir \u00e0 Claire en 2010, puis Maud en 2012, et ainsi de suite. Ces premiers chapitres restent lisibles, presque rassurants : lieux et dates s&rsquo;encha\u00eenent avec une logique qu&rsquo;on parvient \u00e0 suivre. Je crois que c&rsquo;est pr\u00e9cis\u00e9ment le moment o\u00f9 Sophie Coste installe chez nous une d\u00e9pendance au texte, aux personnages \u2014 le pendant litt\u00e9raire de cette d\u00e9pendance affective qui pr\u00e9c\u00e8de, chez ces femmes, c&rsquo;est qu&rsquo;elle nomme cliniquement parlant le love bombing.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Puis, page apr\u00e8s page, la coh\u00e9rence se brouille. On revient en arri\u00e8re, on essaie de recoller les dates entre elles, on perd le fil. Ce n&rsquo;est pas un accident de construction : c&rsquo;est la confusion elle-m\u00eame \u2014 ces doubles injonctions savamment entretenues par cet homme \u2014 que Sophie Coste nous fait vivre \u00e0 notre tour. Le livre nous met sous emprise comme ces femmes ont \u00e9t\u00e9 mises sous emprise.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Elle le dit elle-m\u00eame en interview : <strong><mark style=\"background-color:rgba(0, 0, 0, 0)\" class=\"has-inline-color has-vivid-red-color\"><em>\u00ab <\/em>Le pervers narcissique ne quitte pas, il vampirise \u00bb <\/mark><\/strong>Avec\u00a0<em>Ch\u00e9rie<\/em>, elle r\u00e9ussit ce m\u00eame tour de force sur nous. D&rsquo;abord la s\u00e9duction : les mots que cet homme adresse \u00e0 ces femmes nous s\u00e9duisent, nous aussi, un temps. Puis l&rsquo;isolement se fait sentir au creux du ventre, et on voudrait crier \u00e0 ces femmes de fuir, de ne jamais revenir \u2014 comme devant un thriller, quand une jeune femme sort seule dans son jardin la nuit et qu&rsquo;on hurle int\u00e9rieurement qu&rsquo;elle ferait mieux de rester chez elle. On ne peut rien faire. On se retrouve pris, sans s&rsquo;en rendre compte, dans les griffes du texte et Sophie Coste, elle aussi, finit par nous vampiriser.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em><strong><mark style=\"background-color:rgba(0, 0, 0, 0)\" class=\"has-inline-color has-vivid-red-color\"><em><strong><mark style=\"background-color:rgba(0, 0, 0, 0)\" class=\"has-inline-color has-vivid-red-color\">\u00ab <\/mark><\/strong><\/em>Comme les substances, l&rsquo;amour comble, l&rsquo;amour compl\u00e8te et l&#8217;emprise cr\u00e9e un \u00e9tat de manque permanent<\/mark><\/strong><\/em><strong><mark style=\"background-color:rgba(0, 0, 0, 0)\" class=\"has-inline-color has-vivid-red-color\"> <\/mark><\/strong><strong><mark style=\"background-color:rgba(0, 0, 0, 0)\" class=\"has-inline-color has-vivid-red-color\">\u00bb<\/mark><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>#cadeau \u2014 <\/strong> Il y a des livres qui font pleurer. Celui-ci donne surtout envie de cogner. On tourne les pages avec une col\u00e8re sourde contre cet homme, une envie presque physique de lui faire payer ce qu&rsquo;il a fait \u00e0 ces cinq femmes \u2014 et en creux, \u00e0 tant d&rsquo;autres. Et puis, en refermant le livre, il reste autre chose : la mesure de ce qu&rsquo;il a fallu de courage pour transformer cinq ans d&#8217;emprise en mati\u00e8re litt\u00e9raire, et la partager avec celles qui, aujourd&rsquo;hui encore, sont prises dans le m\u00eame filet sans m\u00eame le savoir.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ce n&rsquo;est pas rien, ce cadeau-l\u00e0.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>#discernement \u2014<\/strong> Ce livre n&rsquo;est pas un manifeste f\u00e9ministe, encore moins un tract fa\u00e7on Femen. C&rsquo;est l&rsquo;un des rares ouvrages construits sur une histoire vraie qui ouvre vraiment la parole sur le pervers narcissisme \u2014 un sujet trop longtemps tenu \u00e0 distance, presque tabou. Mais je crois qu&rsquo;il faut aussi garder la t\u00eate froide : le risque, avec ce genre de r\u00e9cit, c&rsquo;est de sur-interpr\u00e9ter sa propre histoire \u00e0 la lumi\u00e8re de celle de Sophie Coste, et de coller trop vite l&rsquo;\u00e9tiquette \u00ab\u00a0pervers narcissique\u00a0\u00bb sur n&rsquo;importe quel conflit de couple, n&rsquo;importe quel homme difficile. Le sujet est r\u00e9el, essentiel, longtemps rest\u00e9 dans l&rsquo;angle mort \u2014 mais l&rsquo;exag\u00e9ration et la g\u00e9n\u00e9ralisation abusive guettent toujours ce genre de vague de lib\u00e9ration de la parole. Ce n&rsquo;est pas parce qu&rsquo;un mot devient courant qu&rsquo;il s&rsquo;applique \u00e0 tout.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pour finir, une pr\u00e9cision qui me tient \u00e0 c\u0153ur : \u00ab pervers narcissique\u00bb n&rsquo;est pas \u00e0 proprement parler un diagnostic m\u00e9dical \u2014 c&rsquo;est un terme n\u00e9 de la psychanalyse, popularis\u00e9 dans le langage courant, et qui n&rsquo;existe pas tel quel dans les manuels de psychiatrie. Ce qui, en revanche, est bel et bien reconnu et diagnosticable, c&rsquo;est le Trouble de la Personnalit\u00e9 Narcissique (TPN) : un trouble class\u00e9 dans le DSM-5, la r\u00e9f\u00e9rence en psychiatrie, caract\u00e9ris\u00e9 par un besoin d&rsquo;admiration excessif, un manque d&#8217;empathie et un sentiment de grandiosit\u00e9 \u2014 suffisamment ancr\u00e9s et persistants pour qu&rsquo;un professionnel de sant\u00e9 en pose le diagnostic. Et ce trouble ne conna\u00eet pas de genre : les femmes en sont atteintes tout autant que les hommes.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">C&rsquo;est peut-\u00eatre \u00e7a, la vraie boussole \u00e0 garder : souhaiter \u00e0 celles et ceux qui en souffrent d&rsquo;\u00eatre aid\u00e9s et soign\u00e9s, plut\u00f4t que de leur souhaiter du mal pour le mal qu&rsquo;ils ont fait. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00c0 la place du <em>\u00ab Tit for tat \u00bb<\/em> d&rsquo;Esther \u2014  <em>\u00ab An eye for an eye leaves the whole world blind<\/em> \u00bb de Ghandi, un cercle vertueux vers lequel chaque homme ou femme devrait tendre.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"reading-tag wp-block-paragraph\"><em>Ao\u00fbt 2026<\/em><\/p>\n<\/div>\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-css-opacity\"\/>\n\n<\/li><li class=\"wp-block-post post-286 post type-post status-publish format-standard has-post-thumbnail hentry category-les-pages-papotent\">\n<h2 class=\"wp-block-post-title\"><a href=\"https:\/\/lespagespapopent.fr\/?p=286\" target=\"_self\" >Simone Veil &#8211; Une vie<\/a><\/h2>\n\n<figure class=\"alignwide wp-block-post-featured-image\"><a href=\"https:\/\/lespagespapopent.fr\/?p=286\" target=\"_self\" ><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1254\" height=\"1254\" src=\"https:\/\/lespagespapopent.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/simone_veil_une_vie_moins_de_2Mo.jpg\" class=\"attachment-post-thumbnail size-post-thumbnail wp-post-image\" alt=\"Simone Veil &#8211; Une vie\" style=\"object-fit:cover;\" srcset=\"https:\/\/lespagespapopent.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/simone_veil_une_vie_moins_de_2Mo.jpg 1254w, https:\/\/lespagespapopent.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/simone_veil_une_vie_moins_de_2Mo-300x300.jpg 300w, https:\/\/lespagespapopent.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/simone_veil_une_vie_moins_de_2Mo-1024x1024.jpg 1024w, https:\/\/lespagespapopent.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/simone_veil_une_vie_moins_de_2Mo-150x150.jpg 150w, https:\/\/lespagespapopent.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/simone_veil_une_vie_moins_de_2Mo-768x768.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 1254px) 100vw, 1254px\" \/><\/a><\/figure>\n\n<div class=\"entry-content wp-block-post-content is-layout-flow wp-block-post-content-is-layout-flow\">\n<p class=\"reading-tag wp-block-paragraph\">Lectrice : Sylvie<\/p>\n\n\n\n<p class=\"reading-tag wp-block-paragraph\">Avis : Je recommande<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Qui ne conna\u00eet pas Simone Veil\u00a0? Personne\u2026 Et pourtant\u00a0!<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je remercie infiniment Juliette qui m\u2019a offert ce livre dans lequel Simone Veil se raconte, de sa tendre enfance jusqu\u2019\u00e0 la fin de sa vie.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ses joies \u2014 il y en a eu \u2014, ses malheurs \u2014 il y en a eu aussi\u2026 \u2014, ses combats, ses victoires, ses d\u00e9faites.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">C\u2019est un livre touchant, tr\u00e8s humble et accessible. Comme elle, finalement.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je m\u2019attendais peut-\u00eatre \u00e0 quelque chose d\u2019un peu \u00ab\u00a0intello parisien\u00a0\u00bb, tr\u00e8s politique, tr\u00e8s institutionnel. Mais non. Simone Veil raconte sa vie avec une grande simplicit\u00e9. Elle ne cherche ni \u00e0 se mettre en avant ni \u00e0 donner de le\u00e7ons. Elle raconte.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Et derri\u00e8re la femme politique, la ministre, la pr\u00e9sidente du Parlement europ\u00e9en, la survivante des camps, on d\u00e9couvre simplement une Femme. Une Femme avec ses joies, ses blessures, ses doutes, ses col\u00e8res et ses convictions.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Simone Veil a \u00e9t\u00e9 et restera une Grande Dame. Mais ce qui m\u2019a le plus touch\u00e9e dans ce livre, c\u2019est son humanit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Un passage m\u2019a particuli\u00e8rement marqu\u00e9e. Elle \u00e9voque les rapports entre les femmes dans les camps, les protections que certaines pouvaient accorder \u00e0 d\u2019autres d\u00e9tenues et les contreparties qui pouvaient parfois \u00eatre exig\u00e9es. Des situations terribles, auxquelles il est si facile, des d\u00e9cennies plus tard, d\u2019appliquer nos propres crit\u00e8res de jugement.<br>Simone Veil, elle, refuse de le faire. Elle \u00e9crit\u00a0: \u00ab\u00a0Quant \u00e0 moi, je me refuse \u00e0 tout jugement dans ce domaine.\u00a0\u00bb<br>Cette phrase en dit beaucoup.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je vous invite tr\u00e8s sinc\u00e8rement \u00e0 lire ce livre.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"reading-tag wp-block-paragraph\">F\u00e9vrier 2026<\/p>\n<\/div>\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-css-opacity\"\/>\n\n<\/li><li class=\"wp-block-post post-263 post type-post status-publish format-standard has-post-thumbnail hentry category-les-pages-papotent\">\n<h2 class=\"wp-block-post-title\"><a href=\"https:\/\/lespagespapopent.fr\/?p=263\" target=\"_self\" >Cent ans de solitude \u2014 Gabriel Garc\u00eda M\u00e1rquez<\/a><\/h2>\n\n<figure class=\"alignwide wp-block-post-featured-image\"><a href=\"https:\/\/lespagespapopent.fr\/?p=263\" target=\"_self\" ><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1086\" height=\"1448\" src=\"https:\/\/lespagespapopent.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/cent_ans_solitude_blog_under_2MB.jpg\" class=\"attachment-post-thumbnail size-post-thumbnail wp-post-image\" alt=\"Cent ans de solitude \u2014 Gabriel Garc\u00eda M\u00e1rquez\" style=\"object-fit:cover;\" srcset=\"https:\/\/lespagespapopent.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/cent_ans_solitude_blog_under_2MB.jpg 1086w, https:\/\/lespagespapopent.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/cent_ans_solitude_blog_under_2MB-225x300.jpg 225w, https:\/\/lespagespapopent.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/cent_ans_solitude_blog_under_2MB-768x1024.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 1086px) 100vw, 1086px\" \/><\/a><\/figure>\n\n<div class=\"entry-content wp-block-post-content is-layout-flow wp-block-post-content-is-layout-flow\">\n<p class=\"reading-tag wp-block-paragraph\">Lectrice : Sylvie<\/p>\n\n\n\n<p class=\"reading-tag wp-block-paragraph\">Avis : Coup de coeur<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Sans aucune pudeur, je peux l\u2019affirmer : il s\u2019agit probablement de l\u2019une de mes plus belles lectures.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Et pourtant, je partais de loin. Je n\u2019avais jamais plong\u00e9 dans l\u2019\u0153uvre de Gabriel Garc\u00eda M\u00e1rquez, alors m\u00eame que son nom m\u2019\u00e9tait familier depuis mes cours d\u2019espagnol, au coll\u00e8ge puis au lyc\u00e9e. J\u2019avais \u00e9tudi\u00e9 l\u2019auteur, quelques extraits, quelques rep\u00e8res\u2026 mais je n\u2019avais jamais pris le temps de d\u00e9couvrir v\u00e9ritablement son univers.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Quelle grave erreur !<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Avec Cent ans de solitude, j\u2019ai d\u00e9couvert le r\u00e9alisme magique, ce genre litt\u00e9raire si particulier o\u00f9 le merveilleux surgit au beau milieu du quotidien sans que personne ne semble vraiment s\u2019en \u00e9tonner. Chez Garc\u00eda M\u00e1rquez, les morts peuvent c\u00f4toyer les vivants, les \u00e9v\u00e9nements les plus invraisemblables deviennent presque ordinaires, le temps semble se plier et se r\u00e9p\u00e9ter\u2026 Et tout cela est racont\u00e9 avec une telle \u00e9vidence que l\u2019on finit par accepter l\u2019impossible comme s\u2019il faisait naturellement partie du monde.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">C\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment ce qui m\u2019a tant s\u00e9duite : en fait la magie n\u2019est jamais annonc\u00e9e. Elle s\u2019invite naturellement dans le r\u00e9cit, \u00e0 tout moment, sans pr\u00e9venir, comme si cela \u00e9tait compl\u00e9tement normal. Elle se m\u00eale aux drames, aux joies, aux amours, aux trag\u00e9dies et aux absurdit\u00e9s de l\u2019existence. Et de cette rencontre entre le r\u00e9el et l\u2019imaginaire na\u00eet une histoire profond\u00e9ment po\u00e9tique, parfois dr\u00f4le, parfois d\u00e9routante, mais surtout incroyablement \u00e9mouvante.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je l\u2019ai d\u00e9couvert presque par hasard, dans le rayon collector de ma librairie. J\u2019ai d\u2019abord craqu\u00e9 pour son format, sa couverture, son allure de beau livre que l\u2019on a envie de prendre en main, de feuilleter, de garder pr\u00e8s de soi. Je l\u2019ai attrap\u00e9\u2026 et il ne m\u2019a plus quitt\u00e9e pendant plusieurs semaines.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">J\u2019ai aim\u00e9 me perdre dans cette incroyable histoire de famille, suivre les g\u00e9n\u00e9rations des Buend\u00eda, leurs passions, leurs obsessions, leurs amours impossibles et leurs destins qui semblent inlassablement se r\u00e9p\u00e9ter. J\u2019ai ador\u00e9 d\u00e9couvrir Macondo, ce village hors du temps qui devient presque un personnage \u00e0 part enti\u00e8re, avec ses lieux atypiques, ses atmosph\u00e8res \u00e9tranges et cette impression permanente d\u2019\u00eatre quelque part entre le r\u00eave et la r\u00e9alit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Et puis il y a les personnages. Si nombreux, si excentriques, si attachants et parfois si d\u00e9concertants qu\u2019il m\u2019a fallu accepter de me laisser porter plut\u00f4t que de chercher \u00e0 tout contr\u00f4ler. Des personnages qui aiment, qui souffrent, qui commettent les m\u00eames erreurs, qui se perdent, se retrouvent, se d\u00e9chirent\u2026 et semblent parfois condamn\u00e9s \u00e0 reproduire les histoires de ceux qui les ont pr\u00e9c\u00e9d\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il y a de la fantaisie, de l\u2019exc\u00e8s, de la po\u00e9sie, de l\u2019humour, mais aussi une profonde m\u00e9lancolie. Derri\u00e8re le merveilleux se cachent finalement des th\u00e8mes tr\u00e8s r\u00e9alistes : la m\u00e9moire, le temps qui passe, l\u2019amour, la famille, les blessures, les r\u00e9p\u00e9titions de l\u2019Histoire et, surtout, la solitude.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Une lecture qui m\u2019a surprise, transport\u00e9e et profond\u00e9ment touch\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Et dire que j\u2019avais attendu toutes ces ann\u00e9es pour le d\u00e9couvrir !<\/p>\n\n\n\n<p class=\"reading-tag wp-block-paragraph\">Lu en avril 2024<\/p>\n<\/div>\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-css-opacity\"\/>\n\n<\/li><li class=\"wp-block-post post-237 post type-post status-publish format-standard has-post-thumbnail hentry category-les-pages-papotent\">\n<h2 class=\"wp-block-post-title\"><a href=\"https:\/\/lespagespapopent.fr\/?p=237\" target=\"_self\" >David Benaym \u2014 Captif<\/a><\/h2>\n\n<figure class=\"alignwide wp-block-post-featured-image\"><a href=\"https:\/\/lespagespapopent.fr\/?p=237\" target=\"_self\" ><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1448\" height=\"1086\" src=\"https:\/\/lespagespapopent.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/2026-07-David-Benaym-Captif.jpeg\" class=\"attachment-post-thumbnail size-post-thumbnail wp-post-image\" alt=\"David Benaym \u2014 Captif\" style=\"object-fit:cover;\" srcset=\"https:\/\/lespagespapopent.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/2026-07-David-Benaym-Captif.jpeg 1448w, https:\/\/lespagespapopent.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/2026-07-David-Benaym-Captif-300x225.jpeg 300w, https:\/\/lespagespapopent.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/2026-07-David-Benaym-Captif-1024x768.jpeg 1024w, https:\/\/lespagespapopent.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/2026-07-David-Benaym-Captif-768x576.jpeg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 1448px) 100vw, 1448px\" \/><\/a><\/figure>\n\n<div class=\"entry-content wp-block-post-content is-layout-flow wp-block-post-content-is-layout-flow\">\n<p class=\"reading-tag wp-block-paragraph\">Lectrice : Juliette<\/p>\n\n\n\n<p class=\"reading-tag wp-block-paragraph\">Avis : Coup de coeur<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>#journal<\/strong> \u2014 Captif se lit comme on subit un compte \u00e0 rebours \u2014 et \u00e7a commence l\u00e0, ce sentiment d&rsquo;assister \u00e0 quelque chose sans pouvoir intervenir. Un journal de bord, jour apr\u00e8s jour, \u00e9crit 4 ans apr\u00e8s la captivit\u00e9 mais comme s&rsquo;il avait \u00e9t\u00e9 \u00e9crit \u00e0 vif sans le recul qu&rsquo;offre le temps qui passe. David Benaym, grand reporter habitu\u00e9 \u00e0 raconter les guerres des autres, part au Nigeria en juillet 2021 filmer les Igbos, une tribu qui se dit descendante d&rsquo;Isra\u00ebl. Et en quelques heures, badaboum, lui et ses 2 cong\u00e9n\u00e8res deviennentt le sujet de l&rsquo;histoire \u2014 une histoire autrement plus sombre que celle qu&rsquo;ils \u00e9taient venus chercher. Le proc\u00e9d\u00e9 narratif colle \u00e0 l&rsquo;os : pas de mise \u00e0 distance, pas de vernis, on est dedans, dans l&rsquo;imm\u00e9diat, dans le visc\u00e9ral.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>#candeur \u2014 <\/strong>On ressent de la na\u00efvet\u00e9, l&rsquo;\u00e9criture est simple, parfois candide m\u00eame. On s&rsquo;\u00e9tonne qu&rsquo;ils n&rsquo;aient pas mieux pr\u00e9par\u00e9 leur voyage, on se dit \u00ab si j&rsquo;avais \u00e9t\u00e9 \u00e0 leur place j&rsquo;aurais fait \u00e7a, pas \u00e7a \u00bb \u2014 comme devant un bon film o\u00f9 l&rsquo;on s&rsquo;agace que les h\u00e9ros qu&rsquo;on adore courent droit dans la gueule du loup sans qu&rsquo;on puisse rien y faire, alors qu&rsquo;on voit bien qu&rsquo;ils ne pensent pas \u00e0 tout, et \u00e7a nous \u00e9nerve !! Oui, mais c&rsquo;est facile quand on est bien au chaud dans son canap\u00e9, un th\u00e9 fumant sur la table basse et Vivaldi en fond sonore. La vraie question, c&rsquo;est : qui aurait fait mieux ?<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Au fil de la lecture, on sent l&rsquo;auteur avancer sans jamais vraiment se retourner sur ce qu&rsquo;il vient de vivre, ni d&rsquo;\u00e9crire. Les pens\u00e9es se r\u00e9p\u00e8tent, la construction n&rsquo;ob\u00e9it \u00e0 aucune architecture. Lui-m\u00eame le revendique : d&rsquo;abord j&rsquo;agis, ensuite je r\u00e9fl\u00e9chis. Il est impulsif, spontan\u00e9, entier, grande gueule. Il est juif, homosexuel, veuf, malade, orphelin de sa m\u00e8re. Ce journaliste aux identit\u00e9s multiples, cultiv\u00e9, comp\u00e9tent, rompu au monde entier, a lui aussi ses fragilit\u00e9s b\u00e9antes \u2014 et c&rsquo;est par ses failles qu&rsquo;il laisse filtrer sa propre lumi\u00e8re. Remarquable. Ce qu&rsquo;il garde pour lui, avec une tr\u00e8s grande pudeur, c&rsquo;est ce que j&rsquo;attendais : un souffle plus haut. Il ne viendra pas. Je le regrette, mais je comprends aussi pourquoi.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>#survie<\/strong> \u2014 Ce qui \u00e9l\u00e8ve le livre c&rsquo;est sa tonalit\u00e9. Pas une once de victimisation l\u00e0 o\u00f9 tout, absolument tout, l&rsquo;y autorisait. <mark style=\"background-color:rgba(0, 0, 0, 0)\" class=\"has-inline-color has-luminous-vivid-amber-color\">\u00ab J&rsquo;aurais d\u00e9j\u00e0 d\u00fb mourir dix fois. Si vous lisez ces pages, c&rsquo;est que je suis toujours l\u00e0. \u00bb<\/mark> Cette phrase, pos\u00e9e en ouverture comme un coup de poing, donne le tempo de tout ce qui suit : cash, increvable, pas du genre \u00e0 s&rsquo;apitoyer sur le d\u00e9tail qui plombe. Il fonce, il se bat pour s&rsquo;en sortir, point. Et c&rsquo;est l\u00e0 le petit miracle du livre : cette \u00e9conomie de moyens qui, litt\u00e9rairement, lui joue des tours, devient une force d\u00e8s qu&rsquo;il s&rsquo;agit de raconter la survie.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>#identit\u00e9s<\/strong> \u2014 Le vrai sujet du livre, en creux, c&rsquo;est peut-\u00eatre moins l&rsquo;enl\u00e8vement que ce pi\u00e8ge \u00e0 tiroirs qu&rsquo;il d\u00e9crit malgr\u00e9 lui : dans un pays o\u00f9 l&rsquo;homosexualit\u00e9 se paie de la lapidation, chaque identit\u00e9 qu&rsquo;on porte peut devenir, du jour au lendemain, une preuve \u00e0 charge. Ce n&rsquo;est pas le rebondissement qui tient le lecteur en haleine, c&rsquo;est \u00e7a \u2014 cette accumulation silencieuse de raisons d&rsquo;avoir peur, qu&rsquo;on d\u00e9couvre presque en m\u00eame temps que lui, au fil des pages, comme s&rsquo;il ne les avait pas vraiment vues venir non plus.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>#pudeur<\/strong> \u2014 Il y a quelque chose de touchant chez cet homme qui, page apr\u00e8s page, tire toujours vers le haut, presque sans le vouloir. Guerrier de la lumi\u00e8re, oui. Mais un guerrier qui met \u00e0 nu les faits sans jamais vraiment se mettre \u00e0 nu lui-m\u00eame : la pudeur des sentiments reste intacte derri\u00e8re l&rsquo;exposition brute des situations.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">On referme Captif convaincu par l&rsquo;homme \u2014 et d\u00e9j\u00e0 en haleine pour la suite : viendra-t-il un jour nous raconter cette lumi\u00e8re n\u00e9e dans l&rsquo;obscurit\u00e9, une lumi\u00e8re nomm\u00e9e Ydan Shalom ?<\/p>\n\n\n\n<p class=\"reading-tag wp-block-paragraph\">Juillet 2026<\/p>\n<\/div>\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-css-opacity\"\/>\n\n<\/li><li class=\"wp-block-post post-122 post type-post status-publish format-standard has-post-thumbnail hentry category-les-pages-papotent\">\n<h2 class=\"wp-block-post-title\"><a href=\"https:\/\/lespagespapopent.fr\/?p=122\" target=\"_self\" >Nayla Chidiac \u2014 L&rsquo;\u00e9criture qui gu\u00e9rit<\/a><\/h2>\n\n<figure class=\"alignwide wp-block-post-featured-image\"><a href=\"https:\/\/lespagespapopent.fr\/?p=122\" target=\"_self\" ><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"941\" height=\"1672\" src=\"https:\/\/lespagespapopent.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/2026-07-Nayla-Chidiac-Lecriture-qui-guerit.png\" class=\"attachment-post-thumbnail size-post-thumbnail wp-post-image\" alt=\"Nayla Chidiac \u2014 L&rsquo;\u00e9criture qui gu\u00e9rit\" style=\"object-fit:cover;\" srcset=\"https:\/\/lespagespapopent.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/2026-07-Nayla-Chidiac-Lecriture-qui-guerit.png 941w, https:\/\/lespagespapopent.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/2026-07-Nayla-Chidiac-Lecriture-qui-guerit-169x300.png 169w, https:\/\/lespagespapopent.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/2026-07-Nayla-Chidiac-Lecriture-qui-guerit-576x1024.png 576w, https:\/\/lespagespapopent.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/2026-07-Nayla-Chidiac-Lecriture-qui-guerit-768x1365.png 768w, https:\/\/lespagespapopent.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/2026-07-Nayla-Chidiac-Lecriture-qui-guerit-864x1536.png 864w\" sizes=\"auto, (max-width: 941px) 100vw, 941px\" \/><\/a><\/figure>\n\n<div class=\"entry-content wp-block-post-content is-layout-flow wp-block-post-content-is-layout-flow\">\n<p class=\"reading-tag wp-block-paragraph\">Lectrice : Juliette<\/p>\n\n\n\n<p class=\"reading-tag wp-block-paragraph\">Avis : Je recommande<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je ne lis presque jamais d&rsquo;essais. Mes \u00e9tag\u00e8res d\u00e9bordent de romans et de biographies \u2014 des histoires, des vies, des voix qui racontent. Un essai, ce n&rsquo;est pas mon terrain habituel, ce n&rsquo;est pas l\u00e0 que je vais chercher refuge. Alors pourquoi celui-l\u00e0, pourquoi maintenant ? Parce que j&rsquo;esp\u00e9rais, je crois, y trouver une r\u00e9ponse \u00e0 une question que je n&rsquo;ose pas toujours me poser : comment recracher les mots qui restent enfouis, qui ne sortent jamais ?<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je n&rsquo;ai pas trouv\u00e9 de r\u00e9ponse, mais j&rsquo;ai trouv\u00e9 mieux : une gratitude que je n&rsquo;attendais pas.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nayla Chidiac est psychologue clinicienne, sp\u00e9cialiste du traumatisme psychique, fondatrice des ateliers d&rsquo;\u00e9criture th\u00e9rapeutique \u00e0 Sainte-Anne. Dans cet essai, elle explore le lien entre l&rsquo;\u00e9criture et la guerre : comment les mots, chez les \u00e9crivains qui l&rsquo;ont travers\u00e9e, deviennent parfois le seul endroit habitable. Elle le dit elle-m\u00eame :<mark style=\"background-color:rgba(0, 0, 0, 0)\" class=\"has-inline-color has-light-green-cyan-color\"> <\/mark><mark style=\"background-color:rgba(0, 0, 0, 0)\" class=\"has-inline-color has-vivid-cyan-blue-color\">\u00ab\u00a0Nous avons tous besoin d&rsquo;histoires, de r\u00e9cits, de mots pour donner une forme \u00e0 l&rsquo;informe de la guerre.\u00a0\u00bb<\/mark><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je ne connais pas la guerre, ni de pr\u00e8s ni de loin. Et pourtant, dans les sympt\u00f4mes qu&rsquo;elle d\u00e9crit \u00e0 travers son ab\u00e9c\u00e9daire d&rsquo;auteurs, je me suis reconnue, page apr\u00e8s page, avec une pr\u00e9cision presque douloureuse. D&rsquo;autres guerres existent, silencieuses, sans champ de bataille ni t\u00e9moin, qui laissent les m\u00eames traces, ce m\u00eame enfermement, ce m\u00eame vide qu&rsquo;on porte sans jamais le nommer. Nayla Chidiac cite Rachel Rosenblum, pour qui \u00ab\u00a0on peut mourir de dire\u00a0\u00bb \u2014 et Marguerite Duras, qui d\u00e9finissait l&rsquo;\u00e9criture comme une fa\u00e7on de \u00ab\u00a0hurler sans bruit\u00a0\u00bb. C&rsquo;est exactement cela : il y a en moi des mots qui cognent depuis longtemps, qui voudraient sortir et n&rsquo;y parviennent jamais \u2014 comme un cri rest\u00e9 au fond du coeur, jamais pouss\u00e9. Eug\u00e8ne Ionesco disait que \u00ab\u00a0le mot emp\u00eache le silence de parler\u00a0\u00bb ; je crois que c&rsquo;est l&rsquo;inverse qui m&rsquo;habite depuis toujours, un silence qui emp\u00eache le mot de na\u00eetre. Ce livre ne me les a pas donn\u00e9s, ces mots. Mais il m&rsquo;a appris quelque chose que je ne savais pas : que silence a un nom \u00ab\u00a0le silence traumatique\u00a0\u00bb qu&rsquo;il n&rsquo;est pas une fatalit\u00e9, qu&rsquo;un chemin existe pour le traverser. Le prendrai-je un jour ? Je n&rsquo;en sais rien. Mais savoir que la porte existe, m\u00eame ferm\u00e9e, c&rsquo;est d\u00e9j\u00e0, pour moi, un commencement, et peut-\u00eatre la fin d&rsquo;un enfermement.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je ne suis pas critique litt\u00e9raire. Je suis une lectrice passionn\u00e9e, de celles qui d\u00e9vorent les livres depuis l&rsquo;enfance, qui en ont fait un compagnonnage de toute une vie \u2014 et c&rsquo;est avec cette seule l\u00e9gitimit\u00e9-l\u00e0 que je parle de ce livre. Nayla Chidiac est une femme trop cultiv\u00e9e, trop habit\u00e9e par la litt\u00e9rature pour livrer un texte ti\u00e8de. J&rsquo;ai \u00e9t\u00e9 transport\u00e9e par sa plume, po\u00e9tique, savante, ma\u00eetris\u00e9e, qui ne se contente jamais de commenter mais qui pense avec ses auteurs \u2014 croisant litt\u00e9rature, histoire et psych\u00e9 pour penser l&rsquo;\u00e9criture non comme un rem\u00e8de, mais comme un appui. Elle r\u00e9sume d&rsquo;ailleurs sa d\u00e9marche mieux que je ne saurais le faire : \u00ab\u00a0<mark style=\"background-color:rgba(0, 0, 0, 0)\" class=\"has-inline-color has-vivid-cyan-blue-color\">Je ne cherche pas \u00e0 faire \u00e9crire bien, je cherche \u00e0 faire \u00e9crire vrai.\u00a0\u00bb<\/mark> C&rsquo;est exactement ce que ce livre a r\u00e9veill\u00e9 en moi : l&rsquo;envie d&rsquo;essayer enfin d&rsquo;\u00e9crire, ou du moins d&rsquo;y r\u00e9fl\u00e9chir s\u00e9rieusement \u2014 non pas pour \u00eatre publi\u00e9e, mais pour \u00eatre lib\u00e9r\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ce n&rsquo;est pas un livre facile ni imm\u00e9diatement accessible : l&rsquo;\u00e9rudition y est dense, et l&rsquo;ab\u00e9c\u00e9daire qui compose sa seconde partie est r\u00e9solument subjectif \u2014 Nayla Chidiac ne s&rsquo;en cache pas, ce sont ses auteurs, ses attachements. Mais c&rsquo;est justement ce qui le rend riche : il donne envie de relire certains classiques, et d&rsquo;en d\u00e9couvrir tant d&rsquo;autres que je ne connaissais pas. Certes, rien dans ce livre ne prouve que l&rsquo;\u00e9criture gu\u00e9rit tout le monde. Mais il d\u00e9montre, pour chacun des auteurs cit\u00e9s, combien elle a \u00e9t\u00e9 une aide essentielle pour tenir. N&rsquo;est-ce pas d\u00e9j\u00e0, en soi, suffisamment important ?<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Un livre que je referme diff\u00e9rente de celle qui l&rsquo;a ouvert.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"reading-tag wp-block-paragraph\">Juillet 2026<\/p>\n<\/div>\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-css-opacity\"\/>\n\n<\/li><li class=\"wp-block-post post-235 post type-post status-publish format-standard has-post-thumbnail hentry category-les-pages-papotent\">\n<h2 class=\"wp-block-post-title\"><a href=\"https:\/\/lespagespapopent.fr\/?p=235\" target=\"_self\" >Aldous Huxley &#8211; Le meilleur des mondes<\/a><\/h2>\n\n<figure class=\"alignwide wp-block-post-featured-image\"><a href=\"https:\/\/lespagespapopent.fr\/?p=235\" target=\"_self\" ><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"900\" height=\"1600\" src=\"https:\/\/lespagespapopent.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/2026-04-Aldous-Huxley-Le-meilleur-des-mondes.jpg\" class=\"attachment-post-thumbnail size-post-thumbnail wp-post-image\" alt=\"Aldous Huxley &#8211; Le meilleur des mondes\" style=\"object-fit:cover;\" srcset=\"https:\/\/lespagespapopent.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/2026-04-Aldous-Huxley-Le-meilleur-des-mondes.jpg 900w, https:\/\/lespagespapopent.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/2026-04-Aldous-Huxley-Le-meilleur-des-mondes-169x300.jpg 169w, https:\/\/lespagespapopent.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/2026-04-Aldous-Huxley-Le-meilleur-des-mondes-576x1024.jpg 576w, https:\/\/lespagespapopent.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/2026-04-Aldous-Huxley-Le-meilleur-des-mondes-768x1365.jpg 768w, https:\/\/lespagespapopent.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/2026-04-Aldous-Huxley-Le-meilleur-des-mondes-864x1536.jpg 864w\" sizes=\"auto, (max-width: 900px) 100vw, 900px\" \/><\/a><\/figure>\n\n<div class=\"entry-content wp-block-post-content is-layout-flow wp-block-post-content-is-layout-flow\">\n<p class=\"reading-tag wp-block-paragraph\">Lectrice : Juliette<\/p>\n\n\n\n<p class=\"reading-tag wp-block-paragraph\">Avis : Je recommande<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">J&rsquo;ai referm\u00e9 ce livre avec une impression \u00e9trange, presque paradoxale. Le roman d\u00e9peint une soci\u00e9t\u00e9 parfaitement ordonn\u00e9e, o\u00f9 le bonheur est garanti, fabriqu\u00e9, impos\u00e9 au prix de tout ce qui fait la profondeur humaine : la libert\u00e9, le doute, la souffrance, le lien v\u00e9ritable. Ici, chacun est conditionn\u00e9 d\u00e8s sa naissance \u00e0 aimer sur place, \u00e0 consommer sans r\u00e9fl\u00e9chir, \u00e0 \u00e9viter toute forme de troubles int\u00e9rieurs. Le soma remplace la tristesse, le divertissement remplace les pens\u00e9es, et la stabilit\u00e9 devient la valeur supr\u00eame. Aldous Huxley ne construit pas une dystopie brutale, mais une douceur toxique o\u00f9 rien ne semble manquer\u2026 Sauf essentiel. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ce qui frappe, c&rsquo;est \u00e0 quel point cette vision, \u00e9crite en 1932 il y a presque 1 si\u00e8cle, r\u00e9sonne aujourd&rsquo;hui en 2026. Non pas dans ses d\u00e9tails, mais dans son intuition : une humanit\u00e9 qui pr\u00e9f\u00e8re le confort \u00e0 la v\u00e9rit\u00e9, le plaisir imm\u00e9diat \u00e0 la libert\u00e9, l&rsquo;oubli \u00e0 la lucidit\u00e9. En 1932, il d\u00e9crit un futur lointain. En 2026, il s&rsquo;agit d\u00e9sormais d&rsquo;une pente d\u00e9j\u00e0 amorc\u00e9e\u2026<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ce livre, d&rsquo;une puissance intellectuelle ind\u00e9niable, m&rsquo;a profond\u00e9ment d\u00e9plu. J&rsquo;en reconnais \u00e9videmment la brillance, la lucidit\u00e9, la port\u00e9e presque proph\u00e9tique et il n&rsquo;en demeure pas moins que la lecture m&rsquo;a \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s p\u00e9nible. Tout y est froid, clinique, d\u00e9shumanis\u00e9. Les personnages semblent volontairement vid\u00e9s d&rsquo;\u00e9paisseur comme s&rsquo;ils \u00e9taient eux-m\u00eames des produits de ce monde aseptis\u00e9. Rien n&rsquo;invite \u00e0 l&rsquo;attachement ou \u00e0 l&rsquo;\u00e9motion. Huxley ne cherche pas \u00e0 s\u00e9duire, il met \u00e0 distance. Il installe un inconfort constant, une g\u00eane diffuse, comme si le lecteur devait lui lui aussi ressentir ce vide int\u00e9rieur.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Et c&rsquo;est l\u00e0 la plus grande r\u00e9ussite du livre et le g\u00e9nie de l&rsquo;auteur : produire sur le lecteur ce qu&rsquo;il d\u00e9nonce dans son livre. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Une \u0153uvre difficile \u00e0 traverser donc, ingrate, mais n\u00e9cessaire. Telle un rem\u00e8de amer, d\u00e9sagr\u00e9able \u00e0 avaler mais incontournable si l&rsquo;on souhaite gu\u00e9rir du mal de notre si\u00e8cle.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"reading-tag wp-block-paragraph\">Avril 2026<\/p>\n<\/div>\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-css-opacity\"\/>\n\n<\/li><li class=\"wp-block-post post-142 post type-post status-publish format-standard has-post-thumbnail hentry category-les-pages-papotent\">\n<h2 class=\"wp-block-post-title\"><a href=\"https:\/\/lespagespapopent.fr\/?p=142\" target=\"_self\" >Nathacha Appanah \u2014 La nuit au c\u0153ur<\/a><\/h2>\n\n<figure class=\"alignwide wp-block-post-featured-image\"><a href=\"https:\/\/lespagespapopent.fr\/?p=142\" target=\"_self\" ><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"980\" height=\"1307\" src=\"https:\/\/lespagespapopent.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/2026-01-Nathacha-Appanah-La-nuit-au-coeur-Photo-2-copie.jpg\" class=\"attachment-post-thumbnail size-post-thumbnail wp-post-image\" alt=\"Nathacha Appanah \u2014 La nuit au c\u0153ur\" style=\"object-fit:cover;\" srcset=\"https:\/\/lespagespapopent.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/2026-01-Nathacha-Appanah-La-nuit-au-coeur-Photo-2-copie.jpg 980w, https:\/\/lespagespapopent.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/2026-01-Nathacha-Appanah-La-nuit-au-coeur-Photo-2-copie-225x300.jpg 225w, https:\/\/lespagespapopent.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/2026-01-Nathacha-Appanah-La-nuit-au-coeur-Photo-2-copie-768x1024.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 980px) 100vw, 980px\" \/><\/a><\/figure>\n\n<div class=\"entry-content wp-block-post-content is-layout-flow wp-block-post-content-is-layout-flow\">\n<p class=\"reading-tag wp-block-paragraph\">Lectrice : Juliette<\/p>\n\n\n\n<p class=\"reading-tag wp-block-paragraph\">Avis : Je recommande<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dans ce r\u00e9cit, Nathacha Appanah entrelace trois histoires de femmes victimes de violences conjugales \u2014 la sienne, celle de sa cousine, et celle d&rsquo;une inconnue tu\u00e9e par son ex-compagnon \u2014 pour interroger les m\u00e9canismes de l&#8217;emprise et le ph\u00e9nom\u00e8ne du f\u00e9minicide. Un texte largement autobiographique, entre r\u00e9cit intime et enqu\u00eate, qui a re\u00e7u un accueil critique tr\u00e8s favorable et plusieurs distinctions litt\u00e9raires.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>#incandescence<\/strong> \u2014 Un texte d&rsquo;une beaut\u00e9 rare, port\u00e9 par une langue tendre, pr\u00e9cise, incandescente. D\u00e8s les premi\u00e8res pages, on sent une \u00e9criture qui ne cherche pas \u00e0 impressionner mais \u00e0 toucher juste \u2014 chaque mot semble pes\u00e9, choisi pour sa justesse plus que pour son effet. C&rsquo;est cette \u00e9conomie de moyens, cette sobri\u00e9t\u00e9 presque br\u00fblante, qui donne au r\u00e9cit toute sa puissance.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>#pudeur<\/strong> \u2014 Le r\u00e9cit frappe par sa force et son intensit\u00e9 \u00e9motionnelle, par sa capacit\u00e9 \u00e0 dire l&rsquo;indicible avec une grande pudeur. Il y a dans cette \u00e9criture quelque chose qui tient de l&rsquo;\u00e9quilibriste : aborder des sujets \u00e2pres, des v\u00e9cus lourds, sans jamais verser dans le pathos ni dans la d\u00e9monstration. La pudeur n&rsquo;est pas ici une esquive, c&rsquo;est une mani\u00e8re de respecter ce qui est racont\u00e9 \u2014 et ceux qui l&rsquo;ont v\u00e9cu.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>#voyeurisme<\/strong> \u2014 Pourtant quelque chose r\u00e9siste. Une g\u00eane diffuse s&rsquo;installe, li\u00e9e \u00e0 un regard qui fr\u00f4le parfois l&rsquo;enqu\u00eate, un traitement presque journalistique, \u00e0 la limite du voyeurisme, l\u00e0 o\u00f9 j&rsquo;aurais attendu plus de silence et de retenue. C&rsquo;est un d\u00e9s\u00e9quilibre subtil mais r\u00e9el : on sent, par endroits, le regard de l&rsquo;autrice se faire plus ext\u00e9rieur, plus factuel, comme si elle enfilait momentan\u00e9ment la casquette de l&rsquo;investigatrice plut\u00f4t que celle de la conteuse.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>#d\u00e9s\u00e9quilibre<\/strong> \u2014 Cette ambivalence tient peut-\u00eatre, pr\u00e9cis\u00e9ment, au contraste entre deux r\u00e9gimes de narration. D&rsquo;un c\u00f4t\u00e9, une narration intime, superbe, profond\u00e9ment incarn\u00e9e dans son propre v\u00e9cu \u2014 l\u00e0 o\u00f9 l&rsquo;autrice \u00e9crit depuis l&rsquo;int\u00e9rieur, depuis la chair de sa propre histoire. De l&rsquo;autre, un traitement factuel, presque investigateur, r\u00e9serv\u00e9 aux deux autres femmes et \u00e0 leur histoire \u2014 comme si, en s&rsquo;\u00e9loignant de son exp\u00e9rience directe, l&rsquo;\u00e9criture perdait un peu de cette pudeur qui faisait sa force ailleurs.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>#n\u00e9cessaire<\/strong> \u2014 C&rsquo;est un livre puissant. N\u00e9cessaire, m\u00eame \u2014 il y a des sujets qu&rsquo;il faut continuer d&rsquo;\u00e9crire, de cette mani\u00e8re frontale et sensible \u00e0 la fois. Mais certaines ruptures de ton, ce va-et-vient entre l&rsquo;intime et l&rsquo;enqu\u00eate, troublent l&rsquo;\u00e9quilibre int\u00e9rieur du texte, et donc, in\u00e9vitablement, celui de la lecture.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"reading-tag wp-block-paragraph\"><em>Janvier 2026<\/em><\/p>\n<\/div>\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-css-opacity\"\/>\n\n<\/li><li class=\"wp-block-post post-155 post type-post status-publish format-standard has-post-thumbnail hentry category-les-pages-papotent\">\n<h2 class=\"wp-block-post-title\"><a href=\"https:\/\/lespagespapopent.fr\/?p=155\" target=\"_self\" >Mathilda di Matteo \u2014 La bonne m\u00e8re<\/a><\/h2>\n\n<figure class=\"alignwide wp-block-post-featured-image\"><a href=\"https:\/\/lespagespapopent.fr\/?p=155\" target=\"_self\" ><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1065\" height=\"1477\" src=\"https:\/\/lespagespapopent.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/2025-10-Mathilda-di-Matteo-La-bonne-mere.jpg\" class=\"attachment-post-thumbnail size-post-thumbnail wp-post-image\" alt=\"Mathilda di Matteo \u2014 La bonne m\u00e8re\" style=\"object-fit:cover;\" srcset=\"https:\/\/lespagespapopent.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/2025-10-Mathilda-di-Matteo-La-bonne-mere.jpg 1065w, https:\/\/lespagespapopent.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/2025-10-Mathilda-di-Matteo-La-bonne-mere-216x300.jpg 216w, https:\/\/lespagespapopent.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/2025-10-Mathilda-di-Matteo-La-bonne-mere-738x1024.jpg 738w, https:\/\/lespagespapopent.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/2025-10-Mathilda-di-Matteo-La-bonne-mere-768x1065.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 1065px) 100vw, 1065px\" \/><\/a><\/figure>\n\n<div class=\"entry-content wp-block-post-content is-layout-flow wp-block-post-content-is-layout-flow\">\n<p class=\"reading-tag wp-block-paragraph\">Lectrice : Juliette<\/p>\n\n\n\n<p class=\"reading-tag wp-block-paragraph\">Avis : Coup de coeur<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">J&rsquo;ai A-DO-R\u00c9.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>#chocdesmondes<\/strong> \u2014 Ce livre sent Marseille \u00e0 plein nez : l&rsquo;accent qui chante, les cagoles, les gens vrais et sans filtre. Et en face, le Paris du 16e, ses salons feutr\u00e9s, sa bourgeoisie qui parle \u00e0 voix basse et juge sans jamais \u00e9lever le ton. Faire entrer une famille marseillaise dans ce monde-l\u00e0, c&rsquo;est un peu comme l\u00e2cher un \u00e9l\u00e9phant dans un magasin de porcelaine \u2014 et c&rsquo;est exactement ce que fait Mathilda di Matteo, avec un plaisir \u00e9vident.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>#double-prisme \u2014 <\/strong>Et c&rsquo;est pr\u00e9cis\u00e9ment cette construction qui fait la force du livre : un chapitre la m\u00e8re parle, on voit tout \u00e0 travers ses yeux ; le chapitre suivant, c&rsquo;est la fille, avec son regard \u00e0 elle. M\u00eame histoire, deux prismes compl\u00e8tement oppos\u00e9s \u2014 on comprend chacune, on les aime toutes les deux, m\u00eame quand elles ne se comprennent pas entre elles. G\u00e9nial.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">D&rsquo;un c\u00f4t\u00e9, une m\u00e8re fi\u00e8re de qui elle est, sans une once de honte, qui n&rsquo;a jamais envisag\u00e9 d&rsquo;\u00eatre une autre. De l&rsquo;autre, une fille qui r\u00eave de s&rsquo;inventer ailleurs, de gommer d&rsquo;o\u00f9 elle vient pour ressembler \u00e0 ce Paris 16e qui la fascine \u2014 et qui, sans se l&rsquo;avouer, en vient presque \u00e0 vouloir effacer sa m\u00e8re pour mieux na\u00eetre \u00e0 elle-m\u00eame. Ce mouvement-l\u00e0, ce besoin de se d\u00e9tacher jusqu&rsquo;\u00e0 la rupture pour exister \u00e0 part enti\u00e8re, c&rsquo;est un classique de la construction de soi : on ne devient pleinement soi qu&rsquo;en tuant, symboliquement, celle qui nous a faite. Le roman le montre sans jamais le th\u00e9oriser, et c&rsquo;est ce qui le rend si irr\u00e9sistible.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>#gouaille<\/strong> \u2014 Et puis il y a l&rsquo;humour, partout, mais surtout port\u00e9 par la m\u00e8re : marseillaise pur jus, haute en couleur, la langue bien pendue, qui dit tout ce qu&rsquo;elle pense sans jamais s&rsquo;excuser. Elle vole litt\u00e9ralement le livre \u00e0 chaque fois qu&rsquo;elle prend la parole.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>#justesse<\/strong> \u2014 Un roman dr\u00f4le, sinc\u00e8re, authentique, touchant \u2014 qui parle du foss\u00e9 entre deux mondes sans jamais caricaturer ni l&rsquo;un ni l&rsquo;autre.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Courrez l&rsquo;acheter !!<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size wp-block-paragraph\" style=\"font-style:italic;font-weight:400\">PS : Merci Elsa pour cette belle d\u00e9couverte \ud83d\udc9b<\/p>\n\n\n\n<p class=\"reading-tag wp-block-paragraph\"><em>Octobre 2025<\/em><\/p>\n<\/div>\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-css-opacity\"\/>\n\n<\/li><li class=\"wp-block-post post-151 post type-post status-publish format-standard has-post-thumbnail hentry category-les-pages-papotent\">\n<h2 class=\"wp-block-post-title\"><a href=\"https:\/\/lespagespapopent.fr\/?p=151\" target=\"_self\" >Fran\u00e7ois Vecchi Muller \u2014 La paix commence l\u00e0 o\u00f9 cesse l&rsquo;attente<\/a><\/h2>\n\n<figure class=\"alignwide wp-block-post-featured-image\"><a href=\"https:\/\/lespagespapopent.fr\/?p=151\" target=\"_self\" ><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1086\" height=\"1448\" src=\"https:\/\/lespagespapopent.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/2025-09-Francois-Vecchi-Muller.jpg\" class=\"attachment-post-thumbnail size-post-thumbnail wp-post-image\" alt=\"Fran\u00e7ois Vecchi Muller \u2014 La paix commence l\u00e0 o\u00f9 cesse l&rsquo;attente\" style=\"object-fit:cover;\" srcset=\"https:\/\/lespagespapopent.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/2025-09-Francois-Vecchi-Muller.jpg 1086w, https:\/\/lespagespapopent.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/2025-09-Francois-Vecchi-Muller-225x300.jpg 225w, https:\/\/lespagespapopent.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/2025-09-Francois-Vecchi-Muller-768x1024.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 1086px) 100vw, 1086px\" \/><\/a><\/figure>\n\n<div class=\"entry-content wp-block-post-content is-layout-flow wp-block-post-content-is-layout-flow\">\n<p class=\"reading-tag wp-block-paragraph\">Lectrice : Juliette<\/p>\n\n\n\n<p class=\"reading-tag wp-block-paragraph\">Avis : Mitig\u00e9<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>#rythme<\/strong> \u2014 Ce qui frappe d&#8217;embl\u00e9e, c&rsquo;est le souffle. L&rsquo;histoire est franchement rocambolesque, men\u00e9e \u00e0 un rythme effr\u00e9n\u00e9 : on ne respire pas, on veut tourner la page, m\u00eame quand la fatigue r\u00e9clame d&rsquo;\u00e9teindre la lampe. Il y a dans cette construction quelque chose de la nervosit\u00e9 d&rsquo;un thriller bien huil\u00e9, cette curiosit\u00e9 perp\u00e9tuelle du conteur qui refuse de laisser le lecteur se poser.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>#d\u00e9paysement<\/strong> \u2014 Le roman multiplie les lieux et les th\u00e8mes avec une g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9 rare : de l&rsquo;\u0153nologie \u00e0 la finance, de la g\u00e9n\u00e9tique \u00e0 l&rsquo;histoire. Ce tour du monde donne au texte un souffle ample, une mati\u00e8re foisonnante, presque trop pour un seul livre.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>#sc\u00e9nario<\/strong> \u2014 Et c&rsquo;est bien l\u00e0 que le b\u00e2t blesse un peu, \u00e0 mes yeux : cette mati\u00e8re est si riche, si visuelle, si rythm\u00e9e par les rebondissements, qu&rsquo;elle semble davantage pens\u00e9e pour l&rsquo;\u00e9cran que pour la page. Les sc\u00e8nes s&rsquo;encha\u00eenent comme des s\u00e9quences de montage, plus que comme des chapitres qui prennent le temps de s&rsquo;installer. Ce livre porte en lui une s\u00e9rie plut\u00f4t qu&rsquo;un roman \u2014 et ce n&rsquo;est pas un d\u00e9faut mineur : c&rsquo;est presque une autre nature.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>#surface<\/strong> \u2014 Car cette vitesse a un prix. Les \u00e9motions, les paysages, les situations restent trop souvent en surface ; les mots s&rsquo;attardent peu sur les sensations et les \u00eatres. Le vocabulaire se pr\u00e9cipite, la syntaxe elle-m\u00eame semble parfois emport\u00e9e par l&rsquo;urgence de l&rsquo;intrigue, et les fautes d&rsquo;orthographe, trop nombreuses, finissent par distraire d&rsquo;une histoire qui aurait m\u00e9rit\u00e9 mieux qu&rsquo;elle-m\u00eame.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>#format<\/strong> \u2014 Au fond, cette histoire aurait sans doute m\u00e9rit\u00e9 2 ou 3 tomes : une \u00e9criture plus dense, plus romanesque, moins abrupte, \u00e0 la mesure de l&rsquo;univers que l&rsquo;auteur fait na\u00eetre \u2014 un temps que le livre, tel qu&rsquo;il est, ne se donne pas.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>#tendresse<\/strong> \u2014 Et puis il y a ces passages o\u00f9 affleure une sensibilit\u00e9 plus personnelle, reconnaissable entre toutes, et o\u00f9 j&rsquo;ai souvent souri. C&rsquo;est peut-\u00eatre, avec le suspense, ce que l&rsquo;auteur ma\u00eetrise le mieux : ce m\u00e9lange d&rsquo;\u00e9lan et d&rsquo;intime qui, malgr\u00e9 tout, fait la singularit\u00e9 du livre.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"reading-tag wp-block-paragraph\"><em>Septembre 2025<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n<\/div>\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-css-opacity\"\/>\n\n<\/li><li class=\"wp-block-post post-302 post type-post status-publish format-standard has-post-thumbnail hentry category-les-pages-papotent category-uncategorized\">\n<h2 class=\"wp-block-post-title\"><a href=\"https:\/\/lespagespapopent.fr\/?p=302\" target=\"_self\" >Ga\u00ebl Faye \u2014 Jacaranda<\/a><\/h2>\n\n<figure class=\"alignwide wp-block-post-featured-image\"><a href=\"https:\/\/lespagespapopent.fr\/?p=302\" target=\"_self\" ><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"2048\" height=\"2048\" src=\"https:\/\/lespagespapopent.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/2025-08-Gael-Faye-Jacaranda.jpg\" class=\"attachment-post-thumbnail size-post-thumbnail wp-post-image\" alt=\"Ga\u00ebl Faye \u2014 Jacaranda\" style=\"object-fit:cover;\" srcset=\"https:\/\/lespagespapopent.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/2025-08-Gael-Faye-Jacaranda.jpg 2048w, https:\/\/lespagespapopent.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/2025-08-Gael-Faye-Jacaranda-300x300.jpg 300w, https:\/\/lespagespapopent.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/2025-08-Gael-Faye-Jacaranda-1024x1024.jpg 1024w, https:\/\/lespagespapopent.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/2025-08-Gael-Faye-Jacaranda-150x150.jpg 150w, https:\/\/lespagespapopent.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/2025-08-Gael-Faye-Jacaranda-768x768.jpg 768w, https:\/\/lespagespapopent.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/2025-08-Gael-Faye-Jacaranda-1536x1536.jpg 1536w\" sizes=\"auto, (max-width: 2048px) 100vw, 2048px\" \/><\/a><\/figure>\n\n<div class=\"entry-content wp-block-post-content is-layout-flow wp-block-post-content-is-layout-flow\">\n<p class=\"reading-tag wp-block-paragraph\">Lectrice : Juliette<\/p>\n\n\n\n<p class=\"reading-tag wp-block-paragraph\">Avis : Je recommande<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Milan a grandi \u00e0 Versailles, fils d&rsquo;un p\u00e8re fran\u00e7ais et d&rsquo;une m\u00e8re rwandaise qui ne parle jamais de son pays. Puis vient 1994, les images du g\u00e9nocide qui traversent l&rsquo;\u00e9cran familial sans qu&rsquo;il comprenne vraiment ce qu&rsquo;elles racontent de sa propre histoire. Il faudra des ann\u00e9es, plusieurs voyages, pour que Milan remonte le fil des silences de sa famille \u2014 sur quatre g\u00e9n\u00e9rations, entre les Yvelines et les rives du lac Kivu. Un roman sur la m\u00e9moire, la transmission, et ce qu&rsquo;il reste possible de reconstruire apr\u00e8s l&rsquo;innommable. Prix Renaudot 2024.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>#na\u00efvet\u00e9<\/strong> \u2014 J&rsquo;ai \u00e9t\u00e9 touch\u00e9e par cette \u00e9criture qui tient les deux bouts \u00e0 la fois : na\u00efve, presque candide par moments, et en m\u00eame temps d&rsquo;une cruaut\u00e9 sourde. C&rsquo;est un pari risqu\u00e9, cet \u00e9quilibre-l\u00e0, et Ga\u00ebl Faye le tient de bout en bout. On avance avec des yeux d&rsquo;enfant qui d\u00e9couvre, et pourtant rien ne nous est \u00e9pargn\u00e9 de ce qu&rsquo;il y a \u00e0 comprendre. La critique litt\u00e9raire parle beaucoup de cette \u00ab\u00a0sobri\u00e9t\u00e9 poignante\u00a0\u00bb, de cette voix \u00ab\u00a0\u00e0 hauteur d&rsquo;enfant\u00a0\u00bb qui refuse le pathos \u2014 et je rejoins totalement cette lecture. C&rsquo;est peut-\u00eatre ce qui rend le livre si juste : il ne cherche jamais \u00e0 nous arracher les larmes, il les laisse simplement venir.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>#silence<\/strong> \u2014 Et puis il y a ce que ce livre m&rsquo;a rappel\u00e9, sans le dire frontalement : \u00e0 quel point le g\u00e9nocide des Tutsi reste, dans nos m\u00e9moires occidentales en tout cas, \u00e9trangement en retrait. Pr\u00e8s d&rsquo;un million de personnes tu\u00e9es en cent jours \u00e0 peine \u2014 un rythme de mort qui d\u00e9passe presque l&rsquo;entendement \u2014 et pourtant, compar\u00e9 \u00e0 d&rsquo;autres trag\u00e9dies du si\u00e8cle dernier, on en parle si peu, si tard, si timidement. Une phrase du livre r\u00e9sume \u00e0 elle seule tout ce vertige : <em><mark style=\"background-color:rgba(0, 0, 0, 0)\" class=\"has-inline-color has-luminous-vivid-amber-color\">\u00ab\u00a0les civils ne le savent pas mais la paix n&rsquo;est qu&rsquo;une guerre suspendue.\u00a0\u00bb<\/mark><\/em> Ce roman ne fait pas de le\u00e7on d&rsquo;histoire, il ne le pr\u00e9tend m\u00eame pas, mais il r\u00e9ussit quelque chose de plus fort : il redonne une existence, une chair, \u00e0 ce silence-l\u00e0.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>#personnages<\/strong> \u2014 Ce que j&rsquo;ai aim\u00e9 aussi, c&rsquo;est que les personnages ne s&rsquo;accrochent pas \u00e0 nous comme des fant\u00f4mes qu&rsquo;on tra\u00eenerait apr\u00e8s la lecture. Ils nous traversent, nous marquent, et puis ils nous laissent partir \u2014 avec cette impression \u00e9trange d&rsquo;avoir crois\u00e9 des vies r\u00e9elles plut\u00f4t que des silhouettes de papier. Plusieurs critiques \u00e9voquent d&rsquo;ailleurs ces \u00ab\u00a0voix qui se croisent et se r\u00e9pondent\u00a0\u00bb \u00e0 travers les g\u00e9n\u00e9rations, et c&rsquo;est exactement cette sensation-l\u00e0 que j&rsquo;ai eue en refermant le livre.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>#qu\u00eate<\/strong> \u2014 Enfin, ce qui porte tout le roman, c&rsquo;est cette envie de comprendre qui ne s&rsquo;\u00e9teint jamais chez Milan. On le suit dans sa qu\u00eate des traces, des silences de famille, de ce qui s&rsquo;est pass\u00e9 et de ce qu&rsquo;on a choisi de taire. Et sans qu&rsquo;on s&rsquo;en rende vraiment compte, on se retrouve happ\u00e9 par cette m\u00eame envie de savoir. Certains lecteurs disent avoir trouv\u00e9 le r\u00e9cit un peu moins puissant que <em>Petit Pays<\/em>, son pr\u00e9c\u00e9dent roman \u2014 une r\u00e9serve que je peux entendre, avec humilit\u00e9, sans forc\u00e9ment la partager enti\u00e8rement. Ce que j&rsquo;y ai trouv\u00e9, moi, c&rsquo;est peut-\u00eatre moins spectaculaire, mais tout aussi n\u00e9cessaire.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\" style=\"font-style:italic;font-weight:400\">\u00c0 lire, sinc\u00e8rement.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Merci Sylvie pour cette belle d\u00e9couverte \ud83d\udc9b<\/p>\n\n\n\n<p class=\"reading-tag wp-block-paragraph\">Ao\u00fbt 2025<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n<\/div>\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-css-opacity\"\/>\n\n<\/li><\/ul><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"parent":0,"menu_order":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","template":"","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"class_list":["post-58","page","type-page","status-publish","hentry"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/lespagespapopent.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages\/58","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/lespagespapopent.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"https:\/\/lespagespapopent.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lespagespapopent.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lespagespapopent.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=58"}],"version-history":[{"count":5,"href":"https:\/\/lespagespapopent.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages\/58\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":260,"href":"https:\/\/lespagespapopent.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages\/58\/revisions\/260"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/lespagespapopent.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=58"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}