{"id":307,"date":"2026-09-13T17:10:34","date_gmt":"2026-09-13T17:10:34","guid":{"rendered":"https:\/\/lespagespapopent.fr\/?p=307"},"modified":"2026-09-13T18:03:57","modified_gmt":"2026-09-13T18:03:57","slug":"sophie-coste-cherie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/lespagespapopent.fr\/?p=307","title":{"rendered":"Sophie Coste \u2014 Ch\u00e9rie"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"reading-tag wp-block-paragraph\">Lectrice : Juliette<\/p>\n\n\n\n<p class=\"reading-tag wp-block-paragraph\">Avis : Cour de coeur<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cinq femmes, un seul homme. Claire, Maud, Sophie, Esther et Nour ont toutes aim\u00e9 le m\u00eame \u2014 entre Gen\u00e8ve, Paris et Londres, elles glissent en silence dans une relation toxique, jusqu&rsquo;au jour o\u00f9 la v\u00e9rit\u00e9 \u00e9clate et o\u00f9 leurs chemins se croisent. Pr\u00e9sent\u00e9 comme un roman,\u00a0<em>Ch\u00e9rie<\/em>\u00a0emprunte les codes du polar, un suspense qui tient, une v\u00e9rit\u00e9 qui n&rsquo;\u00e9clate qu&rsquo;\u00e0 la fin, l&rsquo;envie irr\u00e9pressible de savoir qui a fait quoi \u00e0 qui \u2014 le JDD parle d&rsquo;un \u00ab\u00a0polar sentimental\u00a0\u00bb o\u00f9 \u00ab\u00a0les coups de c\u0153ur remplacent les coups de feu\u00a0\u00bb. Sauf qu&rsquo;ici, il n&rsquo;y a pas d&rsquo;enqu\u00eate \u00e0 mener ni de coupable \u00e0 d\u00e9masquer : on sait depuis la premi\u00e8re page qui est le bourreau. Le vrai suspense, c&rsquo;est de comprendre comment elles n&rsquo;ont pas pu le voir venir \u2014 et c&rsquo;est bien \u00e7a qui rend le livre vertigineux, puisque\u00a0<em>Ch\u00e9rie<\/em>\u00a0est en r\u00e9alit\u00e9 largement autobiographique : Sophie Coste y transpose les cinq ann\u00e9es qu&rsquo;elle dit avoir v\u00e9cues sous l&#8217;emprise d&rsquo;un pervers narcissique. Le texte est suivi d&rsquo;une postface de la psychoth\u00e9rapeute Anne-Clotilde Ziegler, qui remet le r\u00e9cit en perspective clinique.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je le dis tout de suite : j&rsquo;ai a-do-r\u00e9 !!<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il y a d&rsquo;abord Sophie Coste elle-m\u00eame, journaliste et chroniqueuse, que je suis depuis des ann\u00e9es sur la toile. Daronne de trois gar\u00e7ons, terriblement actuelle, belle, cultiv\u00e9e, dr\u00f4le, \u00e0 la fois rock&rsquo;n&rsquo;roll et \u00e9l\u00e9gante \u2014 inspirante, tout simplement. Alors apprendre qu&rsquo;elle a pass\u00e9 cinq ans dans les filets d&rsquo;un pervers narcissique laisse sans voix : si elle, cette femme solaire, a pu s&rsquo;y faire prendre, on comprend qu&rsquo;aucune d&rsquo;entre nous n&rsquo;est \u00e0 l&rsquo;abri de ce genre de pr\u00e9dateur \u2014 m\u00eame les plus majestueuses, les lionnes, les panth\u00e8res, celles qu&rsquo;on croirait increvables. Le loup ne s&rsquo;attaque pas qu&rsquo;aux plus faibles du troupeau ; il chasse aussi les grands fauves, uniquement quand ils sont bless\u00e9s ou affaiblit\u2026<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>#polyphonie<\/strong>&nbsp;\u2014 C&rsquo;est sans doute ce qui m&rsquo;a le plus impressionn\u00e9e : Sophie Coste ne raconte pas une histoire d&#8217;emprise, elle en raconte cinq, avec cinq voix, cinq vocabulaires, cinq fa\u00e7ons d&rsquo;habiter la langue. La prouesse litt\u00e9raire est r\u00e9elle.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il y a Esther, fille \u00e0 son papa, milliardaire am\u00e9ricaine, boulimique, hypermn\u00e9sique \u2014 et pourtant incapable de choisir entre un poisson et une viande au restaurant, entre une robe bleue et une robe rose en boutique, entre les Maldives ou Gstaad pour les vacances. S\u00e9par\u00e9e du p\u00e8re de son enfant, expatri\u00e9e \u00e0 Londres, elle n&rsquo;est qu&rsquo;une toute petite chose perdue, qui n&rsquo;a pas confiance en elle. Alors quand cet homme pose son regard sur elle, incr\u00e9dule, elle se laisse simplement traverser par une intensit\u00e9 qui ne lui ressemble pas. Ses chapitres s&rsquo;ouvrent en anglais, comme cette loi du talion r\u00e9sum\u00e9e en trois mots \u2014\u00a0<em>\u00ab Tit for tat \u00bb<\/em>, \u0153il pour \u0153il, dent pour dent \u2014 qui ne parlent jamais que d&rsquo;elle et de Lui, l&rsquo;autre.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il y a Claire, m\u00e9ga working girl, wonder woman de la finance genevoise, pour qui sa vie \u2014 comme le monde entier \u2014 ob\u00e9it aux probabilit\u00e9s et aux statistiques. Jusqu&rsquo;au jour o\u00f9 son p\u00e8re se suicide. Quelque chose se fissure alors en elle, elle vacille, et c&rsquo;est pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e0 cet instant qu&rsquo;il entre en sc\u00e8ne. Pour la femme cart\u00e9sienne qu&rsquo;elle est, \u00e7a ne pouvait \u00eatre que Lui. Personne d\u2019autre. Ses chapitres s&rsquo;ouvrent sur des statistiques, gla\u00e7antes de s\u00e9rieux \u2014\u00a0<strong><em><mark style=\"background-color:rgba(0, 0, 0, 0)\" class=\"has-inline-color has-vivid-red-color\">\u00ab Perspectives de la population dans le monde : la population mondiale devrait compter 5 milliards de connards en 2050\u00a0\u00bb Rapport de l\u2019ONU, 2019<\/mark><\/em><\/strong> \u2014 comme si m\u00eame les chiffres, son seul refuge, avaient fini par se mettre \u00e0 parler de Lui, l&rsquo;autre.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il y a Maud, galeriste genevoise, mari\u00e9e \u00e0 un homme richissime qu&rsquo;elle ne d\u00e9sire plus. Elle s&rsquo;ennuie dans sa vie parfaite. Alors quand il pousse la porte de sa galerie, elle y lit un signe : celui qu&rsquo;il est temps de s&rsquo;amuser un peu. Tous ses chapitres s&rsquo;ouvrent sur une \u0153uvre comme\u00a0\u00ab <em>La Mari\u00e9e <\/em>\u00bb, sculpture de Niki de Saint Phalle datant de 1963 \u2014 \u00e9cho \u00e0 peine voil\u00e9 d&rsquo;elle-m\u00eame qui se marie avec Lui, l&rsquo;autre\u2026<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il y a Nour, jeune banlieusarde abandonn\u00e9e par son p\u00e8re, qui va de casting en casting \u00e0 la poursuite de son r\u00eave : devenir une grande chanteuse. \u00c9duqu\u00e9e dans un clan matriarcale f\u00e9ministe, bombe hyper sexy, \u00e0 la langue crue et sans filtre, elle m\u00e8ne les hommes \u00e0 la baguette et raconte le monde \u00e0 sa fa\u00e7on. Quand il pose les yeux sur elle, elle ne voit qu&rsquo;une chose : encore un qu&rsquo;elle va bien niquer. Ses chapitres s&rsquo;ouvrent sur des punchlines sans d\u00e9tour\u00a0<em>\u00ab Mon vieux, t&rsquo;es un connard avec un grand C, fallait pas commencer \u00bb<\/em>, sign\u00e9 Lio. Le seul langage qui lui ressemble vraiment.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Et il y a Sophie, la plus proche de l&rsquo;autrice, journaliste \u00e0 Paris, m\u00e8re de trois gosses, fra\u00eechement s\u00e9par\u00e9e. Un timing parfait. Ses chapitres s&rsquo;ouvrent sur un mot et sa d\u00e9finition\u00a0<em><strong><mark style=\"background-color:rgba(0, 0, 0, 0)\" class=\"has-inline-color has-vivid-red-color\">\u00ab Manipuler : verbe transitif, amener quelqu&rsquo;un insidieusement \u00e0 tel ou tel comportement, le man\u0153uvrer \u00bb<\/mark><\/strong><\/em>\u00a0\u2014 qui en dit plus long sur elle et sur lui que sur la langue fran\u00e7aise.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cinq femmes, cinq origines sociales et culturelles diff\u00e9rentes \u2014 et une \u00e9criture qui \u00e9pouse \u00e0 chaque fois leur timbre propre, sans jamais tomber dans la caricature. La preuve tient jusque dans le d\u00e9tail de la construction. C&rsquo;est une vraie ma\u00eetrise, litt\u00e9raire autant que documentaire.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>#sororit\u00e9<\/strong>\u00a0\u2014 Je n&rsquo;ai pas \u00e9t\u00e9 une victime de ce type d&rsquo;hommes. Et pourtant le livre cr\u00e9e un sentiment de sororit\u00e9 immense, pour toutes ces femmes qui l&rsquo;ont \u00e9t\u00e9 et pour toutes celles qui se reconna\u00eetront en le lisant. Plusieurs lectrices en parlent comme d&rsquo;un miroir ; je le crois volontiers, m\u00eame \u00e0 distance de mon propre v\u00e9cu. Et on referme le bouquin en voulant tendre la main \u00e0 toutes celles qui y sont encore.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>#sansfard<\/strong>&nbsp;\u2014 J&rsquo;ai parfois \u00e9t\u00e9 choqu\u00e9e par la crudit\u00e9, la vulgarit\u00e9, le langage tr\u00e8s cash de l&rsquo;\u00e9criture \u2014 je ne m&rsquo;y attendais pas. Mais \u00e7a ne retire rien au texte, au contraire, je crois que \u00e7a lui donne encore plus de force et de v\u00e9rit\u00e9. Ce que j&rsquo;aime surtout, c&rsquo;est que Sophie Coste montre cet homme tel qu&rsquo;il est \u2014 toxique, d\u00e9gueulasse \u2014 sans pour autant faire de ces femmes des saintes. Elles ne sont pas parfaites. Elles sont telles qu&rsquo;elles sont. Et c&rsquo;est pr\u00e9cis\u00e9ment ce refus du manich\u00e9isme que la critique a salu\u00e9 ailleurs : pas de grand m\u00e9chant loup face \u00e0 des brebis immacul\u00e9es, juste des trajectoires humaines ab\u00eem\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>#vampiris\u00e9s<\/strong>\u00a0\u2014 Sophie Coste ne se contente pas de raconter les doubles injonctions qu&rsquo;elle a subies : elle les met en sc\u00e8ne jusque dans la structure m\u00eame du livre. Le premier chapitre plante un d\u00e9cor pr\u00e9cis \u2014 2026, les Alpes suisses. Suivent des chapitres non dat\u00e9s, mais chacun ancr\u00e9 dans une g\u00e9ographie propre \u00e0 chaque femme : Esther et Nour \u00e0 Londres, Maud et Claire \u00e0 Gen\u00e8ve, Sophie \u00e0 Paris. \u00c0 partir du septi\u00e8me chapitre commence un jeu de va-et-vient temporel savamment ma\u00eetris\u00e9 : Claire \u00e0 Gen\u00e8ve en 2009, puis Maud en 2011, puis Sophie \u00e0 Paris en 2018, puis Esther \u00e0 Londres en 2019, puis Nour \u00e0 Paris en 2021 \u2014 avant de revenir \u00e0 Claire en 2010, puis Maud en 2012, et ainsi de suite. Ces premiers chapitres restent lisibles, presque rassurants : lieux et dates s&rsquo;encha\u00eenent avec une logique qu&rsquo;on parvient \u00e0 suivre. Je crois que c&rsquo;est pr\u00e9cis\u00e9ment le moment o\u00f9 Sophie Coste installe chez nous une d\u00e9pendance au texte, aux personnages \u2014 le pendant litt\u00e9raire de cette d\u00e9pendance affective qui pr\u00e9c\u00e8de, chez ces femmes, c&rsquo;est qu&rsquo;elle nomme cliniquement parlant le love bombing.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Puis, page apr\u00e8s page, la coh\u00e9rence se brouille. On revient en arri\u00e8re, on essaie de recoller les dates entre elles, on perd le fil. Ce n&rsquo;est pas un accident de construction : c&rsquo;est la confusion elle-m\u00eame \u2014 ces doubles injonctions savamment entretenues par cet homme \u2014 que Sophie Coste nous fait vivre \u00e0 notre tour. Le livre nous met sous emprise comme ces femmes ont \u00e9t\u00e9 mises sous emprise.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Elle le dit elle-m\u00eame en interview : <strong><mark style=\"background-color:rgba(0, 0, 0, 0)\" class=\"has-inline-color has-vivid-red-color\"><em>\u00ab <\/em>Le pervers narcissique ne quitte pas, il vampirise \u00bb <\/mark><\/strong>Avec\u00a0<em>Ch\u00e9rie<\/em>, elle r\u00e9ussit ce m\u00eame tour de force sur nous. D&rsquo;abord la s\u00e9duction : les mots que cet homme adresse \u00e0 ces femmes nous s\u00e9duisent, nous aussi, un temps. Puis l&rsquo;isolement se fait sentir au creux du ventre, et on voudrait crier \u00e0 ces femmes de fuir, de ne jamais revenir \u2014 comme devant un thriller, quand une jeune femme sort seule dans son jardin la nuit et qu&rsquo;on hurle int\u00e9rieurement qu&rsquo;elle ferait mieux de rester chez elle. On ne peut rien faire. On se retrouve pris, sans s&rsquo;en rendre compte, dans les griffes du texte et Sophie Coste, elle aussi, finit par nous vampiriser.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em><strong><mark style=\"background-color:rgba(0, 0, 0, 0)\" class=\"has-inline-color has-vivid-red-color\"><em><strong><mark style=\"background-color:rgba(0, 0, 0, 0)\" class=\"has-inline-color has-vivid-red-color\">\u00ab <\/mark><\/strong><\/em>Comme les substances, l&rsquo;amour comble, l&rsquo;amour compl\u00e8te et l&#8217;emprise cr\u00e9e un \u00e9tat de manque permanent<\/mark><\/strong><\/em><strong><mark style=\"background-color:rgba(0, 0, 0, 0)\" class=\"has-inline-color has-vivid-red-color\"> <\/mark><\/strong><strong><mark style=\"background-color:rgba(0, 0, 0, 0)\" class=\"has-inline-color has-vivid-red-color\">\u00bb<\/mark><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>#cadeau \u2014 <\/strong> Il y a des livres qui font pleurer. Celui-ci donne surtout envie de cogner. On tourne les pages avec une col\u00e8re sourde contre cet homme, une envie presque physique de lui faire payer ce qu&rsquo;il a fait \u00e0 ces cinq femmes \u2014 et en creux, \u00e0 tant d&rsquo;autres. Et puis, en refermant le livre, il reste autre chose : la mesure de ce qu&rsquo;il a fallu de courage pour transformer cinq ans d&#8217;emprise en mati\u00e8re litt\u00e9raire, et la partager avec celles qui, aujourd&rsquo;hui encore, sont prises dans le m\u00eame filet sans m\u00eame le savoir.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ce n&rsquo;est pas rien, ce cadeau-l\u00e0.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>#discernement \u2014<\/strong> Ce livre n&rsquo;est pas un manifeste f\u00e9ministe, encore moins un tract fa\u00e7on Femen. C&rsquo;est l&rsquo;un des rares ouvrages construits sur une histoire vraie qui ouvre vraiment la parole sur le pervers narcissisme \u2014 un sujet trop longtemps tenu \u00e0 distance, presque tabou. Mais je crois qu&rsquo;il faut aussi garder la t\u00eate froide : le risque, avec ce genre de r\u00e9cit, c&rsquo;est de sur-interpr\u00e9ter sa propre histoire \u00e0 la lumi\u00e8re de celle de Sophie Coste, et de coller trop vite l&rsquo;\u00e9tiquette \u00ab\u00a0pervers narcissique\u00a0\u00bb sur n&rsquo;importe quel conflit de couple, n&rsquo;importe quel homme difficile. Le sujet est r\u00e9el, essentiel, longtemps rest\u00e9 dans l&rsquo;angle mort \u2014 mais l&rsquo;exag\u00e9ration et la g\u00e9n\u00e9ralisation abusive guettent toujours ce genre de vague de lib\u00e9ration de la parole. Ce n&rsquo;est pas parce qu&rsquo;un mot devient courant qu&rsquo;il s&rsquo;applique \u00e0 tout.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pour finir, une pr\u00e9cision qui me tient \u00e0 c\u0153ur : \u00ab pervers narcissique\u00bb n&rsquo;est pas \u00e0 proprement parler un diagnostic m\u00e9dical \u2014 c&rsquo;est un terme n\u00e9 de la psychanalyse, popularis\u00e9 dans le langage courant, et qui n&rsquo;existe pas tel quel dans les manuels de psychiatrie. Ce qui, en revanche, est bel et bien reconnu et diagnosticable, c&rsquo;est le Trouble de la Personnalit\u00e9 Narcissique (TPN) : un trouble class\u00e9 dans le DSM-5, la r\u00e9f\u00e9rence en psychiatrie, caract\u00e9ris\u00e9 par un besoin d&rsquo;admiration excessif, un manque d&#8217;empathie et un sentiment de grandiosit\u00e9 \u2014 suffisamment ancr\u00e9s et persistants pour qu&rsquo;un professionnel de sant\u00e9 en pose le diagnostic. Et ce trouble ne conna\u00eet pas de genre : les femmes en sont atteintes tout autant que les hommes.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">C&rsquo;est peut-\u00eatre \u00e7a, la vraie boussole \u00e0 garder : souhaiter \u00e0 celles et ceux qui en souffrent d&rsquo;\u00eatre aid\u00e9s et soign\u00e9s, plut\u00f4t que de leur souhaiter du mal pour le mal qu&rsquo;ils ont fait. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00c0 la place du <em>\u00ab Tit for tat \u00bb<\/em> d&rsquo;Esther \u2014  <em>\u00ab An eye for an eye leaves the whole world blind<\/em> \u00bb de Ghandi, un cercle vertueux vers lequel chaque homme ou femme devrait tendre.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"reading-tag wp-block-paragraph\"><em>Ao\u00fbt 2026<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Lectrice : Juliette Avis : Cour de coeur Cinq femmes, un seul homme. 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