Les pages papotent

La Paix commence là où cesse l’attente — François Vecchi Muller

Lectrice : Juliette

Avis : Bonne lecture

Septembre 2025

#rythme — Ce qui frappe d’emblée, c’est le souffle. L’histoire est franchement rocambolesque, menée à un rythme effréné : on ne respire pas, on veut tourner la page, même quand la fatigue réclame d’éteindre la lampe. Il y a dans cette construction quelque chose de la nervosité d’un thriller bien huilé, cette curiosité perpétuelle du conteur qui refuse de laisser le lecteur se poser.

#dépaysement — Le roman multiplie les lieux et les thèmes avec une générosité rare : de l’œnologie à la finance, de la génétique à l’histoire. Ce tour du monde donne au texte un souffle ample, une matière foisonnante, presque trop pour un seul livre.

#scénario — Et c’est bien là que le bât blesse un peu, à mes yeux : cette matière est si riche, si visuelle, si rythmée par les rebondissements, qu’elle semble davantage pensée pour l’écran que pour la page. Les scènes s’enchaînent comme des séquences de montage, plus que comme des chapitres qui prennent le temps de s’installer. Ce livre porte en lui une série plutôt qu’un roman — et ce n’est pas un défaut mineur : c’est presque une autre nature.

#surface — Car cette vitesse a un prix. Les émotions, les paysages, les situations restent trop souvent en surface ; les mots s’attardent peu sur les sensations et les êtres. Le vocabulaire se précipite, la syntaxe elle-même semble parfois emportée par l’urgence de l’intrigue, et les fautes d’orthographe, trop nombreuses, finissent par distraire d’une histoire qui aurait mérité mieux qu’elle-même.

#format — Au fond, cette histoire aurait sans doute mérité 2 ou 3 tomes : une écriture plus dense, plus romanesque, moins abrupte, à la mesure de l’univers que l’auteur fait naître — un temps que le livre, tel qu’il est, ne se donne pas.

#tendresse — Et puis il y a ces passages où affleure une sensibilité plus personnelle, reconnaissable entre toutes, et où j’ai souvent souri. C’est peut-être, avec le suspense, ce que l’auteur maîtrise le mieux : ce mélange d’élan et d’intime qui, malgré tout, fait la singularité du livre.

Les pages papotent

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *