
Delphine de Vigan — Les enfants sont rois
Lectrice : Juliette
Avis : Je recommande
#dérive — Ce roman met en scène le mal de notre siècle : notre rapport aux réseaux sociaux et au droit à l’image. Delphine de Vigan y observe une génération d’enfants filmés, exposés, mis en scène depuis le berceau — et des parents qui, souvent sans le vouloir, deviennent les premiers rouages de ce système. Le livre est plus sociétal que littéraire : ce n’est pas tant la forme qui frappe que le sujet lui-même, brûlant d’actualité.
#lucidité — J’assume mon avis sans détour ce n’est pas le plus grand livre de Delphine de Vigan. On sent parfois le sujet porter le roman plus que l’inverse. Mais ce qu’il propose vaut la lecture : une vraie réflexion sur le manque de recul, sur cette absence de mise à distance qui nous caractérise tous un peu aujourd’hui face à l’image et à l’exposition de soi — la nôtre, celle de nos enfants, celle qu’on donne à voir sans toujours mesurer ce qu’on donne.
#urgence — À lire vite, et passer au suivant : le sujet impose un rythme, presque une actualité plus qu’une littérature à savourer lentement. Ce n’est pas un livre qu’on relit pour son style, c’est un livre qu’on absorbe pour ce qu’il révèle, et qu’on referme avec l’envie d’en parler autour de soi plutôt que d’y retourner.
#résonance — Mais la morale, elle, se garde précieusement, bien après avoir refermé le livre. On y revient, inlassablement, tant qu’on n’a pas compris. Tant qu’il est encore temps — de changer un réflexe, une habitude, un geste presque automatique devant un écran. C’est sans doute là que le livre frappe le plus juste : moins dans ce qu’il raconte que dans ce qu’il nous oblige à regarder chez nous.
Juin 2022

C’est un livre que j’ai vite lu aussi. Et qui m’a fait peur par rapport à ce phénomène des influenceurs. Je pense qu’il devrait être obligatoire dès le collège.