
Leïla Slimani — Le pays des autres, trilogie — Tome 1 de la trilogie
Lectrice : Juliette
Avis : Je recommande
Mathilde, Alsacienne, épouse Amine, Marocain, au sortir de la guerre. Elle le suit sur ses terres, dans une ferme aride près de Meknès, persuadée que l’amour suffit à tout. Elle découvre vite qu’aimer un homme n’est pas épouser son pays, ni sa famille, ni le regard qu’on pose sur elle.
#immersion — C’est la grande réussite de ce roman : Leïla Slimani m’a fait sentir le sable du Maroc. Littéralement. Je humais les odeurs, je voyais la lumière écraser la ferme, j’entendais la terre craquer sous la chaleur. Elle connaît ce pays les yeux fermés, et ça se lit à chaque page, dans chaque détail précis, jamais gratuit.
#entre-deux — Ni tout à fait française, ni jamais tout à fait marocaine, Mathilde avance dans un entre-deux que personne ne lui a demandé de porter. Comme l’arbre du roman, mi-citron mi-orange, qui ne donne que des fruits immangeables.
#densité — Ce n’est pas l’attachement aux personnages qui m’a portée dans cette lecture, mais la densité du texte lui-même, sa matière presque tangible. Slimani ne juge pas ses personnages, elle les regarde vivre — la violence, conjugale ou sourde, n’en frappe que plus fort, sans effet de manche.
#impatience — J’ai refermé ce tome 1 en n’ayant qu’une envie : enchaîner directement sur la suite. Une fondation posée avec une maîtrise rare, un incendie qui couve et qu’on a hâte de voir éclater.
Juillet 2020
