Les pages papotent

La bonne mère — Mathilda di Matteo

Lectrice : Juliette

Avis : Coup de coeur

Octobre 2025

J’ai A-DO-RÉ.

#chocdesmondes — Ce livre sent Marseille à plein nez : l’accent qui chante, les cagoles, les gens vrais et sans filtre. Et en face, le Paris du 16e, ses salons feutrés, sa bourgeoisie qui parle à voix basse et juge sans jamais élever le ton. Faire entrer une famille marseillaise dans ce monde-là, c’est un peu comme lâcher un éléphant dans un magasin de porcelaine — et c’est exactement ce que fait Mathilda di Matteo, avec un plaisir évident.

#double-prisme — Et c’est précisément cette construction qui fait la force du livre : un chapitre la mère parle, on voit tout à travers ses yeux ; le chapitre suivant, c’est la fille, avec son regard à elle. Même histoire, deux prismes complètement opposés — on comprend chacune, on les aime toutes les deux, même quand elles ne se comprennent pas entre elles. Génial.

D’un côté, une mère fière de qui elle est, sans une once de honte, qui n’a jamais envisagé d’être une autre. De l’autre, une fille qui rêve de s’inventer ailleurs, de gommer d’où elle vient pour ressembler à ce Paris 16e qui la fascine — et qui, sans se l’avouer, en vient presque à vouloir effacer sa mère pour mieux naître à elle-même. Ce mouvement-là, ce besoin de se détacher jusqu’à la rupture pour exister à part entière, c’est un classique de la construction de soi : on ne devient pleinement soi qu’en tuant, symboliquement, celle qui nous a faites. Le roman le montre sans jamais le théoriser, et c’est ce qui le rend si irrésistible.

#gouaille — Et puis il y a l’humour, partout, mais surtout porté par la mère : marseillaise pur jus, haute en couleur, la langue bien pendue, qui dit tout ce qu’elle pense sans jamais s’excuser. Elle vole littéralement le livre à chaque fois qu’elle prend la parole.

#justesse — Un roman drôle, sincère, authentique, touchant — qui parle du fossé entre deux mondes sans jamais caricaturer ni l’un ni l’autre.

Les pages papotent

Une réponse à “La bonne mère — Mathilda di Matteo”

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *